Pauvre législateur !

I
l fut un temps où la loi civile ne se préoccupait à juste titre que de décliner les exigences très fortes du droit naturel dans la société des humains. C’était déjà dans le Décalogue : “Tu ne tueras point ; ne commettras pas d’adultère ; ne voleras pas ; ne mentiras pas;  ne convoiteras pas le bien du prochain…”
Depuis que la loi naturelle elle-même est comme prescrite, dans ses fondements les plus forts, par la culture de mort et celle du “chacun pour soi”, il semble bien que le législateur et les administrations de la République n'aient trouvé d’autre issue que de s’en prendre à nos comportements environnementaux : “Tu ne rouleras pas à 93 km/h en rase campagne ; n’allumeras  plus de cigarette dans aucun lieu public ; ne boiras pas deux verres de vin à table ; ne consommeras pas de graisse poly-saturées ; limiteras ta progéniture ;  tousseras dans un mouchoir jetable en papier ; remplaceras tes bains par des douches ; tes ampoules à incandescence par des "basses consommation" ; installeras des double-vitrages en ta maison, etc., etc. etc.
Tout se passe comme si le bien et le mal, aujourd’hui, n’avaient plus de réelle consistance qu’au regard des critères de Sécurité Sociale, des dogmes du malthusianisme écologique et du principe de précaution…
ça me rappelle le propos d’un vieil oncle Seinemont, qui nous répétait finement : “Les enfants, vous n’avez qu’un droit, celui de vous taire, et encore… on parle sérieusement de vous le supprimer !”
Mais quand l’Etat aura fini de nous confisquer nos derniers droits de rouler, fumer, boire, manger ou aimer en paix, est-ce qu’on pourra encore en revenir aux vrais questions du bien commun : le droit des enfants à naître, celui des familles à choisir leurs principes d’éducation, le respect des femmes, des anciens, des parents, des supérieurs hiérarchiques, la liberté d’entreprendre, le goût du travail et l’amour de la patrie?
Gabriel de Seinemont