Sarkozy otage de son ego

Nicolas Sarkozy n’avait pas eu beaucoup de chance l’été dernier avec la franco-colombienne Ingrid Betancourt : il avait tout misé sur l’entremise d’un chef d’Etat révolutionnaire, Hugo Chavez, le dictateur vénézuélien allié des FARC, et c’est un commando miitaire colombien qui arrache sa libération, sans verser la moindre rançon ni consentir aucun avantage aux terroristes preneurs d’otages et narco-trafiquants…

Il n’a pas fait meilleure fortune en mars 2009 avec Florence Cassez, la Française convaincue de complicité d’enlèvements au Mexique, dont il s’était juré d’obtenir l’extradition en France pour lui éviter l’inconfort des prisons locales : les Mexicains estiment en effet que des crimes perpétrés chez eux, contre des femmes et des enfants, puis condamnées par leurs tribunaux, doivent être expiés selon leurs lois et sur leur territoire…

Heureusement, voici Clotilde Reiss, la petite intérimaire manipulée par la DGSE, qui n’a que son idéal démocratique et sans doute aussi son inconscience à se reprocher. Les dictateurs iraniens le savent bien, qui s’apprêtent déjà à lui faire grâce de son rapport circonstancié à l’ambassade de France sur les manifestations de rue.

Quel en sera le prix ? Nous le saurons plus tard, le jour où la France s’abstiendra avec la Russie et la Chine de voter des sanctions contre la politique d’armement nucléaire du régime des mollahs iraniens.

Ce jour-là, le Président Sarkozy aura fini de sauver – enfin ! – la première femme otage de son premier quinquennat. Il lui en faudra sans doute un autre pour lui fournir des occasions d’engagement plus spectaculaires, à la mesure de son indéniable et fougeux ego.
Hugues Kéraly