| Est-ce notre angoisse que nous euthanasions ? |
Depuis le suicide de Chantal Sébire, un puissant mouvement d’intimidation morale et de pression médiatique s’organise en France pour obtenir la légalisation complète de l’euthanasie… Les passions se déchaînent, la réflexion recule d’autant…. On se croirait revenu en 1975, lors des tempêtes du “débat” sur l’avortement.Pour Xavier Mirabel, cancérologue, président de l’Alliance pour les Droits de la Vie et coordinateur médical du site www.sosfindevie.org, la question est fort mal engagée : “On en vient à souhaiter la mort de celui qui souffre parce qu’on pense que c’est inéluctable et qu’il n’y a plus de moyen de soulager. C’est une régression, un aveuglement. Ce qui me préoccupe le plus, c’est que beaucoup de personnes se désespèrent en se convainquant qu’il n’y a plus rien à faire pour les mourants. Souhaiter la mort d’autrui, voire la lui administrer, est une tentation. C’est une réponse tellement plus simple que la réponse aux vrais besoins d’une personne gravement malade. Car ces besoins peuvent être particulièrement exigeants. “Derrière l’euthanasie, il y a une vision de l’homme, de la maladie, de la souffrance et de la mort qui est idéologique. Et cette idéologie est séduisante quand les personnes ne connaissent pas la réalité des faits. Il y a sur cette idéologie un verni de compassion qui la rend attrayante. Mais c’est une fausse compassion. “Ce que nous demandons, c’est un équilibre raisonnable autour de la personne souffrante. Il s’agit de se garder de toute tentation de toute puissance qui peut entraîner soit vers l’acharnement thérapeutique, soit vers l’euthanasie. Ce sont les deux conséquences de cette unique tentation, alors que les soins palliatifs incarnent la médecine raisonnable et prudente dont nous souhaitons tous bénéficier, dans nos derniers moments. Trop de Français croient que, pour échapper à l’acharnement thérapeutique il faut accepter l’euthanasie. C’est complètement faux.” (“Non à l’acharnement thérapeutique”, interview, France Catholique, 17 mai 2008.) N’est-il pas temps en effet d’en appeler à la quête du sens, aux fondamentaux de la loi morale et de la liberté humaine ? “Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n’est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine… Chacun ne peut accepter la souffrance de l’autre si lui-même personnellement ne réussit pas à trouver un sens à la sienne, un chemin de purification et de maturation, un chemin d’espérance.” (Benoît XVI, Spe Salvi, § 38.) S.D. Pour en savoir plus : www.sosfindevie.org |