Relativisme et permissivité Version imprimable Suggérer par mail

Si “toutes les idées se valent”, comme tant d’autorités morales et médiatiques s’acharnent à nous le répéter, alors tous les comportements, toutes les pratiques et toutes les addictions du monde se valent aussi. Le relativisme moral, qu’on le veuille ou non, reste une conséquence sociale obligée du libéralisme philosophique: la “permissivité” elle-même sort tout droit de l’illusion que l’homme ne relèverait pas d’une nature susceptible de définir des règles de comportement, c’est-à-dire un bien et un mal dans l’agir humain.

Cette illusion est démiurgique dans le meilleur des cas: “Ni Dieu ni maître, je sais ce qui est bon pour moi.” Elle est clairement démoniaque dans les phobies plus extrêmes qui entraînent à la violence, au viol, à l’assassinat… La loi française a bien du mal aujourd’hui à assumer les contradictions qui en découlent, lorsqu’elle défend l’élève insulteur contre le maître “qui a autorité” (et qui s’en sert), ou lorsqu’elle condamne encore l’euthanasie active comme meurtre, après avoir aboli la peine de mort et “dépénalisé” l’avortement!

Pour y voir plus clair, il faudrait pousser la logique du relativisme moral jusqu’au bout. Si l’IVG ne constitue pas un meurtre, le suicide, l’euthanasie, l’infanticide et l’homicide conjugal ne devraient plus concerner la police ni les juges d’instruction. Sauf bien entendu en cas de mobile crapuleux: l’opinion publique n’a pas encore admis que le vol fasse partie des “droits-de-l’homme” au même titre que la permissivité sexuelle ou le droit d’insulter ses supérieurs hiérarchiques.

Vous trouvez l’hypothèse absurde? Moi aussi. Il nous faut donc bien revenir à la case départ, et reconnaître que l’homme est doté d’une conscience et d’une nature sociale (voir Dossier du jour) qui lui confèrent autant de devoirs que de droits dans toutes les circonstances de sa destinée.

Gabriel de Seinemont

 

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