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Relativisme et permissivité |
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Si “toutes les idées se valent”, comme tant d’autorités morales et médiatiques s’acharnent à nous le répéter, alors tous les comportements, toutes les pratiques et toutes les addictions du monde se valent aussi. Le relativisme moral, qu’on le veuille ou non, reste une conséquence sociale obligée du libéralisme philosophique: la “permissivité” elle-même sort tout droit de l’illusion que l’homme ne relèverait pas d’une nature susceptible de définir des règles de comportement, c’est-à-dire un bien et un mal dans l’agir humain.
Cette illusion est démiurgique dans le meilleur des cas: “Ni Dieu ni maître, je sais ce qui est bon pour moi.” Elle est clairement démoniaque dans les phobies plus extrêmes qui entraînent à la violence, au viol, à l’assassinat… La loi française a bien du mal aujourd’hui à assumer les contradictions qui en découlent, lorsqu’elle défend l’élève insulteur contre le maître “qui a autorité” (et qui s’en sert), ou lorsqu’elle condamne encore l’euthanasie active comme meurtre, après avoir aboli la peine de mort et “dépénalisé” l’avortement!
Pour y voir plus clair, il faudrait pousser la logique du relativisme moral jusqu’au bout. Si l’IVG ne constitue pas un meurtre, le suicide, l’euthanasie, l’infanticide et l’homicide conjugal ne devraient plus concerner la police ni les juges d’instruction. Sauf bien entendu en cas de mobile crapuleux: l’opinion publique n’a pas encore admis que le vol fasse partie des “droits-de-l’homme” au même titre que la permissivité sexuelle ou le droit d’insulter ses supérieurs hiérarchiques.
Vous trouvez l’hypothèse absurde? Moi aussi. Il nous faut donc bien revenir à la case départ, et reconnaître que l’homme est doté d’une conscience et d’une nature sociale (voir Dossier du jour) qui lui confèrent autant de devoirs que de droits dans toutes les circonstances de sa destinée.
Gabriel de Seinemont |
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L'amour du lointain abstrait |
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Comme il est facile aujourd’hui de se tromper de “prochain”! Tous les matins, tous les midis, tous les soirs, les journaux de toute nature, physique ou numérique, le situent à plusieurs milliers de kilomètres de notre lieu d’habitation…
Certes, les gens ne peuvent pas tout ignorer des heurts et des malheurs qui frappent régulièrement la planète. Il reste à craindre cependant qu’ayant pris l’habitude de se laisser émouvoir ou impressionner à heures fixes, sur (télé)commande, l’homme absorbé par les médias ne trouve plus place pour une seule réaction du cœur authentique et charitable, voire une seule action de solidarité civique sur son environnement immédiat. La charité, on le sait, n’est vraiment charitable que lorsqu’elle s’inspire d’un ordre, et même lui obéit… D’un ordre qui ne commence pas à l’autre bout du monde… D’un ordre qui ne consiste pas à s’alarmer d’abord, et encore moins seulement, des catastrophes naturelles, des famines ou des guerres éclatées aux quatre coins du globe.
Or, la principale conséquence morale de l’abus d’informations mondiales est précisément celle-là : nous charger l’esprit ou le cœur d’une masse de préoccupations abstraites, générales, et sur lesquelles nous n’avons pas prise – en nous rendant ainsi chaque jour plus inaptes, psychiquement et moralement, à écouter et comprendre ce qui se passe autour de nous. Sans la magie des ondes, des sons, des images, sans le prestige du journaliste ou du présentateur, le malheur même des voisins de palier est hors jeu. Il n’a pas droit de cité.
“L’amour du prochain concret se dévalue ainsi en amour du lointain abstrait, ce qui est bien la façon la plus hypocrite et la plus odieuse de s’aimer soi-même.” Ce jugement qui résume tout est de Marcel De Corte. Il ne fait que décliner en termes de philosophie morale la parabole universelle et tellement lumineuse du Bon Samaritain.
Gabriel de Seinemont
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Penser, dans sa tête, à ce qui dépend de soi |
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Joseph de Maistre, grand penseur politique chassé de France par la Terreur, préconisait aux opposants de son époque que leur “contre-révolution” ne fût point “une révolution contraire, mais le contraire de la Révolution”. La révolution du XXIe siècle étant essentiellement “neuro-médiatique”, je crois utile d’en tirer ce court enseignement :
L’homme raisonnable, qui est l’homme éternel, s’estimait lui-même quand il pouvait se dire – quelle que fût sa philosophie ou sa religion – en accord avec ce que lui dictait sa conscience : la conscience de ses droits et de ses devoirs, conformes à sa nature, éclairés par la connaissance de son état… En s’installant dans la sur-consommation quotidienne de messages “informants”, nécessairement régulatrice et normative, qui le fera connaître, aimer, détester et vouloir en fonction des seuls critères de la classe informante, l’homme moderne, lui, renonce chaque jour davantage au devoir de se diriger. Il mobilise en somme le plus clair de son temps disponible à penser, dans la tête des autres, à ce qui ne dépend pas de lui. Il consent d’avance à se trouver d’accord, quel que soit le sujet, avec la bonne conscience que les médias du siècle lui tiennent chaudement préparée.
La plus sûre maxime de résistance intellectuelle et morale à cette médiocratie (ou médiacratie) informante pourrait bien être simplement de penser, dans sa tête, à ce qui dépend de soi. Ne confiez ce projet, s’il est aussi le vôtre, qu’à des amis triés sur le volet. La seule tentation de regarder le monde hors médiation de presse écrite, transistor ou écran fait courir de grands risques aux mythes de la religion dominante. Pour l’instant, on ne la blâme encore qu’à titre privé, comme une manifestation d’incivisme caractérisée. Elle pourrait bien se voir traitée demain, avec l’appui de l’Etat, comme une vilaine maladie.
Hugues Kéraly |
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Parabole pour une évolution |
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Psychologie sociale
Parabole pour une évolution
La disgrâce présidentielle du richissime présentateur de télévision Patrick Poivre d’Arvor a soulevé ces derniers jours à travers nos grands supports de communication des commentaires si vifs, si passionnés et si nombreux que les grands sujets de l’actualité mondiale sont tous passés à la trappe, ou au second plan. Sedcontra.fr pose la question : en quoi un événement de cette nature mérite-t-il plus de 15 secondes d’antenne ou 5 lignes imprimées ? Le texte que nous publions ci-dessous tente en forme de parabole une analyse sociologique approfondie et complète de cet étonnant “phénomène de société”. |
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