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Philosophie sociale
Comment l'agnosticisme
engendre des monstruosités
“Toutes les convictions, tous les comportements se valent.” C’est l’artice unique du Credo non écrit de la non-pensée contemporaine. Le bel empire des Grecs a adopté un jour cet adage, avant d’être colonisé par celui des Romains… qui a suivi le même sort, la même logique de décadence, pour les mêmes raisons. Retour sur l’étonnant progrès du relativisme moral, à une époque où personne ne discute aux sciences “exactes” le droit de découvrir un ordre, ni de progresser dans la vérité.

Au commencement, derrière la somme des apparences sensibles, il y a l’être et l’ordre qui le soutient: un ordre subtil, complexe et dynamique, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Dans cet environnement, l’homme se situe d’emblée comme capable d’approcher l’un et l’autre (l’être et l’ordre), ou plutôt l’un à travers l’autre, par les ressources intellectuelles qui le séparent des autres animaux. Il se prouve à lui-même qu’il touche bien aux lois réelles de la nature ambiante en inventant la roue, la poudre, l’électricité ou le moteur à explosion… Bref, il constate que son intelligence est capable de s’approprier du vrai, quand même elle n’y parvient qu’en passant par des intuitions provisoirement inexactes de la réalité. La représentation d’une époque a permis de construire la suivante, comme Copernic était parti de l’astrologie médiévale pour découvrir l’héliocentrisme, Newton de Copernic pour établir les lois de la gravitation universelle et la NASA de quatre siècles d’observations et de calculs astronomiques pour poser son premier engein sur la Lune, avec des hommes dedans!
Depuis quand toutes les idées se valent-elles?
Les vérités morales et politiques ont longtemps relevé d’un statut identique, où les notions de bien et de mal se rattachent à l’ordre individuel et social des choses humaines, c’est-à-dire à une nature et à la connaissance de sa vérité. On n’a pas découvert en un jour que la monogamie était préférable au tribalisme sexuel, l’éducation plus productive que le dressage, la liberté plus efficace que l’esclavage et la concurrence économique bien supérieure à l’appropriation collective des moyens de production. Les sociétés humaines ont mis des siècles, parfois des millénaires, pour accomplir ces progrès. Dans plusieurs régions du monde, face à l’omnipotence des sectes et des despotes locaux, elles sont même loin encore de pouvoir en profiter…
Le leïmotiv, si fortement martelé aujourd’hui par les médias, selon lequel “toutes les idées, tous les comportements, toutes les cultures et toutes les religions se valent” constitue à cet égard pour notre civilisation occidentale une régression collective absolue. On admet qu’il y ait encore une vérité (donc une nature) dans les sciences de la matière, mais point dans le domaine des mœurs ni des convictions personnelles de chacun… Comme si morale et politique n’étaient pas élagement des sciences, avec un objet, des postulats, des causes, des conséquences, des champs d’observation et des domaines d’application.
Vous préférez le mariage au concubinage, à l’échangisme, au libertinage? les simples plaisirs hétérosexuels aux découvertes plus subtiles de “l’homo-bi-transexualité”? le B-A-BA à la méthode globale? la langue française au rapp? le vin rouge à l’eau plate? la cigarette aux stupéfiants? C’est votre droit, bien sûr, mais n’allez surtout pas l’imposer au prochain! La Halde et la Justice française veillent au grain! Votre liberté comportementale excusablement traditionaliste s’arrête là où commence la “permissivité” tous azimuts (supposée) des autres citoyens.
De Voltaire à Giscard, l’arme de destruction massive s’est perfectionnée
Du libéralisme intellectuel et mondain de Voltaire, sublimé par les philosophles contemporaines en agnosticisme philosophique et moral absolu, les puissances qui fabriquent l’opinion ont tiré sans le dire l’arme de destruction massive de toute civilisation: le relativisme moral, servilement érigé par nos hommes politiques de gauche comme de droite en religion d’Etat. Giscard a mis au point en 1975 le postulat de base: la loi n’encadre plus les mœurs, elle accompagne et en réalité accélère leur évolution. Mitterrand, Chirac et Sarkozy ont emboité le pas. De la “pilule du lendemain” en classe de troisième à l’offensive Darcos contre “l’homophobie” scolaire, l’alignement de la loi sur les mœurs de l’anti-morale est devenu un principe de gouvernement.
Certes, la loi fixe encore des limites à ne pas dépasser. Si par exemple la réhabilitation sociale des homosexuels, notamment en milieu scolaire, venait à multiplier demain le nombre d’agressions sexuelles contre les enfants, le risque serait grand que le peuple ignorant voie rouge, et vote tout de travers aux prochaines élections… Il y a donc encore une apparence de bien légitime (l’homosexualité) et un potentiel de mal répressible (la pédérastie) dans la vision libérale des choses; mais la frontière reste fragile, car le vrai libre-penseur encore une fois n’a qu’une seule conviction: “Toutes les idées se valent et doivent pouvoir s’exprimer.” Cet homme qui ne croit plus en rien en deviendrait violent. Il se dit prêt à “mourir pour sa conviction libertaire”, comme on risquait sa vie autrefois pour repousser les hordes barbares ou libérer les lieux saints.
Dans cette logique, pour aller au bout de notre principal exemple, le ministre de l’Education Nationale encourage les associations homophiles à présenter leur “point de vue” spécifique aux enfants. Au besoin, il requiert les tribunaux administratifs contre la réticence des rectorats. SOS Homophobes et Couleurs Gaies vont donc expliquer aux adolescents, dès la rentrée prochaine, dans toutes les écoles publiques et privées sous contrat, qu’ils sont garçons et filles moins par un fait de nature que par la pression sociale ambiante et l’éducation reçue dès le plus jeune âge au domicile de leurs parents. Ces bons apôtres vont leur expliquer que l’attirance homosexuelle, loin d’être contre-nature, reste la chose “la plus naturelle du monde”, dont il importe pour son épanouissement personnel de faire au moins l’essai. Ils vont exercer des pressions sur les plus fragiles, avec de grands sourires, en leur précisant que Sainte Halde et les Gendarmes de la République les protégeront toujours contre l’odieux racisme des pratiquants hétéros, qui s’acharnent encore à produire des enfants, à les nourrir et à les éduquer.
Xavier Darcos ne mesure pas cette conséquence: il applique le postulat. Que va-t-il faire le jour où des associations sadomasochistes, zoophiles et coprophages réclameront à leur tour le droit de venir “s’exprimer”?
Une seule riposte: l’école privée sans contrat
Comment s’étonner que les écoles privées hors contrat – libres de choisir leurs manuels et leurs méthodes pédagogiques, autonomes aussi dans le recrutement et la formation des maîtres – ne cessent depuis trois ans de se développer? La Fondation pour l’Ecole et l’Association Créer son école ont compris toute l’importance de l’enjeu, pour l’avenir des enfants. Elles aident les créateurs d’école libres à mener à bien leur projet et s’engagent aux côtés des autres associations de défense de la liberté scolaire. Un important réseau de consultants bénévoles est en train de se mettre en place: professeurs et instituteurs, juristes, fiscalistes, directeurs d’école, spécialistes de la sécurité en milieu scolaire... Soutenez cette initiative, faîtes-la connaître autour de vous (Association Créer son école : 46 rue Custine, 75018 Paris, courriel:
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, site : www. creer-son-ecole.com)
©Emmanuel Barbier/Secontra.fr, juillet 2008
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