| Sous le “non” irlandais, un divorce généralisé |
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Comme c’est ennuyeux pour les grands stratèges de l’Europe, la démocratie… Chaque fois qu’on interroge le peuple, la réponse est non ! Le peuple ne comprend pas, dans son bon sens grossier, qu’on ait voulu contruire à marche forcée l’Europe des vingt-sept avant de réussir à faire que l’Europe des six, des douze ou des quinze Etats-membres ne vienne améliorer les conditions de vie et de réussite professionnelle perceptibles au quotidien par ses administrés. Il ne comprend pas qu’on puisse discuter aujourd’hui de la candidature d’intégration d’une nation islamique située en Asie (la Turquie), alors que la sécurité des frontières extérieures de l’Union s’est déjà transformée en passoire, et que les flux migratoires sont de moins en moins maîtrisés. Il ne comprend pas qu’un président Sarkozy engage son va-tout diplomatique sur un immense et fabuleux projet “d’Union pour la Méditerranée” quelques semaines avant de prendre lui-même la présidence tournante de l’Union Européenne, au moment où les Etats arabes laissent assassiner leurs minoritiés chrétiennes et manifestent plus fort que jamais leur volonté de préserver l’Islam des ingérences impies de l’Occident. Il ne comprend pas que lorsque la Commission Européenne émet des propositions intelligentes sur les ressources énergétiques et la protection de l’environnement commun, ce soient les gouvernements nationaux qui fassent aussitôt obstacle, au nom d’intérêts à court terme incompatibles avec toute forme de progrès. Il ne comprend pas que lorsque les autorités françaises proposent de chercher une parade européenne à l’envolée des prix du carburant, pour sauver des pans entiers de l’activité économique, ce soit la Commission qui réponde, imperturbable, que la question n’est pas recevable au plan européen. Le peuple ne comprend qu’une chose: face aux nouvelles donnes et aux nouveaux défis de la mondialisation économique, des mutations de Asie, des flux migratoires et des revendications identitaires, l’Europe, “ça ne marche pas”. Si l’on tient absolument à travailler tranquille entre hommes d’affaires, politiques et technocrates, il faut cesser de lui demander son avis. ©Sedcontra, juin 2008 |
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