Politique
Alignement à gauche et nivellement par le bas Version imprimable Suggérer par mail

De 1792 (première loi sur le divorce) à 2008 (offensives des pouvoirs publics contre l’homophobie), on peut résumer toute l’évolution du droit social et familial en France en une formule quasi mathématique sans inconnue d’alignement à gauche, aux fins de nivellement par le bas.

“L’adaptation de la loi aux mœurs” qui a présidé au débat et au vote de la Loi Veil ne sanctionnait aucune volonté générale d’encourager sous cette forme l’interruption volontaire de grossesse, c’est-à-dire en l’inscrivant dans la loi… Un Président de droite y rendait simplement les armes à une revendication très ancienne et particulièrement violente de la gauche et de l’intelligentsia, qui y voyaient à juste titre un instrument de la “libération sexuelle” tous azimuts du peuple français.

Avec la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) et les lois sociales en faveur des lesbiennes, gais, bis et transsexuels (LGBT), l’escroquerie démocratique et le non-sens politique sont encore plus flagrants. Il n’y a pas un Français sur mille d’après les statistiques qui revendique la moindre appartenance homosexuelle, bisexuelle ou transsexuelle, mais voici que Chirac puis Sarkozy ne cessent de les réhabiliter et de les promouvoir dans leurs “droits”!

Décidément, la droite n’existe pas en France. C’est un concept inventé par la gauche pour discréditer ses adversaires et les contraindre à abdiquer l’une après l’autre toutes leurs convictions… Je ne sais plus du tout, en ce qui me concerne, comment je pourrai bien voter aux prochaines élections.

Hugues Kéraly

 
L'Appel de Prague Version imprimable Suggérer par mail

S’il fallait retenir un seul message du pontificat de Jean-Paul II,  en ces temps de réflexion décisive sur l’avenir européen, sans hésitation, je choisirais son Adresse aux autorités politiques de Prague d’avril 1990. Le Saint-Père y donne la seule clé durable de l’avenir européen, des deux côtés de l’ancien Rideau de Fer. Il y délivre une des leçons politiques les plus graves et sans doute la plus prophétique de son pontificat : le pape y explique en effet que ce qui juge l’échec social du communisme juge aussi l’échec spirituel et moral de tout l’Occident, ajoutant que seule la foi qui a bâti l’Europe chrétienne peut la refaire aujourd’hui dans ses vraies dimensions !  

L’appel de Prague a lieu pendant le premier voyage de Jean-Paul II en Europe centrale depuis la chute du mur de Berlin et les résurrections en chaîne du grand tournant de 1989. Jean-Paul II répond au discours d’accueil de Vaclav Havel, président de la nouvelle République Tchécoslovaque. Il s’adresse à l’homme de lettres qui vient d’en appeler trois fois au “miracle” pour exprimer son propre saisissement, d’accueillir sur cette terre si longtemps ravagée par la haine et le mensonge le messager du Christ et de l’amour divin. 

Il lui dit que “notre culture politique” – toute l’Europe est comprise dans la réponse du pape – “a quelque chose d’important à apprendre de lui”, Vaclav Havel, le penseur dissident, héroïque, persécuté, que rien ne destinait au pouvoir de l’Etat :

“Vous connaissez le juste poids des mots, déclare Jean-Paul II. Je salue en vous un homme qui enrichit la culture politique contemporaine de l’Europe (...) “Vous avez écrit que la politique n’est pas une technologie du pouvoir ni une manipulation des personnes, mais un des moyens de rechercher et de conquérir le sens de la vie, dans la perspective du service rendu au véritable bien de la communauté.” (Adresse aux autorités, § 1.)

Dans la forme, on vient de lire ici une définition. L’auteur chez qui Jean-Paul II la relève oblige à peser avec soin chacun des termes, comme l’emprunteur lui-même en avait prévenu: “Vous connaissez le juste poids des mots.” – De fait, tout y est :

Une politique du sens

La politique n’a pas pour but de dominer son prochain. – Condamnation du communisme ? Sans doute. Quel système aura porté à un plus haut degré de perfection la confiscation des libertés individuelles et sociales entre les mains du Parti unique et de sa Nomenklatura ? Mais le critère fixé par ce texte ne se borne pas à distinguer les régimes en fonction des libertés de compétition électorale reconnues aux citoyens. Le critère, c’est l’idée-même qu’on se fait du pouvoir, des raisons d’y accéder et des moyens de s’y maintenir utilement.

Dans la vision chrétienne, si le pouvoir peut être conquis, ce n’est jamais pour lui-même ni pour la jouissance personnelle du vainqueur, comme celui qui deviendrait le plus fort aux échecs ou le plus riche aux placements boursiers. La politique utile aux citoyens ne se limite pas à un savoir-faire de compétition et ne débouche pas sur un savoir-durer dans la domination. Elle est, rappelle le pape, un savoir-servir, investi au bénéfice de la communauté.

Elle suppose de se faire une assez haute idée de l’homme pour penser qu’il a besoin d’être soutenu dans ses devoirs et défendu dans ses droits. Toute action politique qui ne se définit pas d’emblée comme un service des personnes, seule fin légitime de l’organisation sociale, s’oblige d’une manière ou d’une autre à les manipuler.

La vieille garde des partis uniques les manipule au canon et à la mitrailleuse lourde pour que nul ne s’interroge sur sa détermination. Chez nous, point de violence apparente : c’est la culture, la presse, l’enseignement qui investissent les consciences et leur imposent leurs dogmes sur les origines et les fins dernières de l’homme, des bancs de l’école primaire aux séances de formation continue des médias, tandis que les politiciens se contentent de manipuler un discours tellement vide de sens et d’espérance humaine que, selon la Sofrès, “jamais les Français n’auront éprouvé autant de mépris pour le personnel politique et autant de dégoût pour la chose publique”. […]

Pour lire la suite, abonnez-vous et reportez-vous aux fonds éditoriaux de sedcontra.fr (onglet Fondamentaux, dans la rubrique “Religion” : Appel de Prague pour l’unité de l’Europe chrétienne, 5 pages)

 
L'esprit des lois Version imprimable Suggérer par mail

Un lecteur s’étonne que nous ayons paru contester ici
le soutien apporté par Chantal Delsol à la loi française qui permet d’annuler un mariage en cas de “dol, tromperie ou vice du consentement”. Mea culpa : le texte était sans doute un peu rapide, provocateur, ironique, faute de place.
Il n’avait pourtant d’autre but que de soutenir notre consœur dans cette idée toute simple – commune au droit civil français et au droit canon de l’Eglise catholique – que
le mariage se réduit au libre échange de consentements sincères et éclairés entre deux personnes qui se jurent fidélité pour la vie.

Ni la jurisprudence française (jusqu’au funeste jugement
de Lille) ni celle des tribunaux romains n’admettent cependant l’absence de virginité comme cause d’annulation. On comprend bien pourquoi : le droit civil et le droit canon défendent ici une position chrétienne, anti-esclavagiste, respectueuse de la femme et clairement revendiquée par
le Christ lui-même dans ses paroles à Marie-Madeleine
ou son sauvetage de la femme adultère que les Juifs se disposent à lapider.

Ce n’est pas la position du Talmud et moins encore celle
de la Charia. Tout le problème se résume donc à ceci : derrière les lois des hommes, lorsqu’elles sont justes, il y a nécessairement des croyances, des valeurs et
des convictions communes à défendre, implicitement soudées par une religion. La “laïcité” des États républicains n’est qu’un mythe imputable aux fanatiques sans foi ni loi
du Ni Dieu ni maître, qui voudraient bien régner sur nos consciences en despotes absolus. 

Hugues Kéraly

 
Nescientia et ignorantia Version imprimable Suggérer par mail


Le latin a deux mots distincts pour qualifier l’ignorance : nescientia pour celui qui simplement “ne sait pas” (n’a pas la science de l’objet en question), et ignorantia pour designer l’ignorance coupable du mauvais élève, du sectaire ou de l’incompétent.

 

Il me semble que cette distinction peut éclairer bien des choses dans les grands débats d’aujourd’hui…

 

Un seul exemple : lorsque Nicolas Sarkozy “ne sait pas” que l’islam est une civilisation totalitaire et conquérante, une civilisation violemment, militairement et politiquement hostile au judaïsme et au christianisme, comme au sionisme et à la chrétienté, il navigue dans la nescientia commune à presque tous les politiques, intellectuels et médias français. A quoi bon le lui reprocher ? Mais lorsqu’il affirme explicitement dans son discours de Ryad – près du tombeau du Prophète – que l’islam est la religion de l’Amour, qui conquiert le monde par l’Amour depuis le VIe siècle après J.-C., cela semble objectivement signifier qu’il manquerait lui-même de culture générale, qu’il ne se tiendrait pas au courant de ce qui se passe dans le monde, ou qu’il n’a pas relu dans l’avion le scandaleux discours préparé par son conseiller.

Dans les trois cas, l’ignorance est coupable, les circonstances non atténuantes et le résultat désastreux !

Gabriel de Seinemont

 

 
L'arme de destruction massive Version imprimable Suggérer par mail

Les vérités morales et politiques ont longtemps relevé d’un statut “scientifique”, où les notions de bien et de mal se rattachent à l’ordre individuel et social des choses humaines, c’est-à-dire à une nature et à la connaissance de sa vérité. On n’a pas découvert en un jour – par exemple – que la monogamie était préférable au tribalisme sexuel, la liberté plus efficace que l’esclavage et la concurrence économique bien supérieure à l’appropriation collective des moyens de production. Les sociétés humaines ont mis des siècles, parfois des millénaires, pour accomplir ces progrès. Dans plusieurs régions du monde, face à l’omnipotence des sectes et des despotes locaux, elles sont même loin encore de pouvoir en profiter…

Le leïmotiv, si fortement martelé aujourd’hui par les médias, selon lequel tous les choix de vie, tous les comportements se valent constitue à cet égard pour notre civilisation occidentale une régression collective absolue. On admet qu’il y ait encore une vérité (donc une nature) dans les sciences de la matière, mais point dans le domaine des mœurs ni des convictions personnelles de chacun… Comme si morale et politique n’étaient pas également des sciences, avec un objet, des postulats, des causes, des conséquences, des champs d’observation et des domaines d’application.

Du libéralisme intellectuel et mondain de Voltaire, sublimé par les philosophles contemporaines en agnosticisme philosophique et moral absolu, les puissances qui fabriquent l’opinion ont tiré sans le dire l’arme de destruction massive de toute civilisation: le relativisme moral, servilement érigé par nos hommes politiques de gauche comme de droite en religion d’Etat. Giscard avait mis au point en 1975 le postulat de base: la loi n’encadre plus les mœurs, elle accompagne et en réalité accélère leur évolution. De la “pilule du lendemain” en classe de troisième à l’offensive Darcos contre “l’homophobie” scolaire, l’alignement de la loi sur les mœurs de l’anti-morale est devenu un principe de gouvernement.
Hugues Kéraly
 
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