| L'Appel de Prague |
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S’il fallait retenir un seul message du pontificat de Jean-Paul II, en ces temps de réflexion décisive sur l’avenir européen, sans hésitation, je choisirais son Adresse aux autorités politiques de Prague d’avril 1990. Le Saint-Père y donne la seule clé durable de l’avenir européen, des deux côtés de l’ancien Rideau de Fer. Il y délivre une des leçons politiques les plus graves et sans doute la plus prophétique de son pontificat : le pape y explique en effet que ce qui juge l’échec social du communisme juge aussi l’échec spirituel et moral de tout l’Occident, ajoutant que seule la foi qui a bâti l’Europe chrétienne peut la refaire aujourd’hui dans ses vraies dimensions ! L’appel de Prague a lieu pendant le premier voyage de Jean-Paul II en Europe centrale depuis la chute du mur de Berlin et les résurrections en chaîne du grand tournant de 1989. Jean-Paul II répond au discours d’accueil de Vaclav Havel, président de la nouvelle République Tchécoslovaque. Il s’adresse à l’homme de lettres qui vient d’en appeler trois fois au “miracle” pour exprimer son propre saisissement, d’accueillir sur cette terre si longtemps ravagée par la haine et le mensonge le messager du Christ et de l’amour divin. Il lui dit que “notre culture politique” – toute l’Europe est comprise dans la réponse du pape – “a quelque chose d’important à apprendre de lui”, Vaclav Havel, le penseur dissident, héroïque, persécuté, que rien ne destinait au pouvoir de l’Etat : “Vous connaissez le juste poids des mots, déclare Jean-Paul II. Je salue en vous un homme qui enrichit la culture politique contemporaine de l’Europe (...) “Vous avez écrit que la politique n’est pas une technologie du pouvoir ni une manipulation des personnes, mais un des moyens de rechercher et de conquérir le sens de la vie, dans la perspective du service rendu au véritable bien de la communauté.” (Adresse aux autorités, § 1.) Dans la forme, on vient de lire ici une définition. L’auteur chez qui Jean-Paul II la relève oblige à peser avec soin chacun des termes, comme l’emprunteur lui-même en avait prévenu: “Vous connaissez le juste poids des mots.” – De fait, tout y est : Une politique du sens
La politique n’a pas pour but de dominer son prochain. – Condamnation du communisme ? Sans doute. Quel système aura porté à un plus haut degré de perfection la confiscation des libertés individuelles et sociales entre les mains du Parti unique et de sa Nomenklatura ? Mais le critère fixé par ce texte ne se borne pas à distinguer les régimes en fonction des libertés de compétition électorale reconnues aux citoyens. Le critère, c’est l’idée-même qu’on se fait du pouvoir, des raisons d’y accéder et des moyens de s’y maintenir utilement. Dans la vision chrétienne, si le pouvoir peut être conquis, ce n’est jamais pour lui-même ni pour la jouissance personnelle du vainqueur, comme celui qui deviendrait le plus fort aux échecs ou le plus riche aux placements boursiers. La politique utile aux citoyens ne se limite pas à un savoir-faire de compétition et ne débouche pas sur un savoir-durer dans la domination. Elle est, rappelle le pape, un savoir-servir, investi au bénéfice de la communauté. Elle suppose de se faire une assez haute idée de l’homme pour penser qu’il a besoin d’être soutenu dans ses devoirs et défendu dans ses droits. Toute action politique qui ne se définit pas d’emblée comme un service des personnes, seule fin légitime de l’organisation sociale, s’oblige d’une manière ou d’une autre à les manipuler. La vieille garde des partis uniques les manipule au canon et à la mitrailleuse lourde pour que nul ne s’interroge sur sa détermination. Chez nous, point de violence apparente : c’est la culture, la presse, l’enseignement qui investissent les consciences et leur imposent leurs dogmes sur les origines et les fins dernières de l’homme, des bancs de l’école primaire aux séances de formation continue des médias, tandis que les politiciens se contentent de manipuler un discours tellement vide de sens et d’espérance humaine que, selon Pour lire la suite, abonnez-vous et reportez-vous aux fonds éditoriaux de sedcontra.fr (onglet Fondamentaux, dans la rubrique “Religion” : Appel de Prague pour l’unité de l’Europe chrétienne, 5 pages) |
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