Politique
"Chrétiens : de l'audace" Version imprimable Suggérer par mail
HOMMAGE
“Chrétiens: de l'audace pour la politique”


A côté des discours qui disent l’importance des racines chrétiennes de la France, il y a ceux qui cherchent à les vivre encore et à les faire partager aux autres à travers des postes de responsabilité. Christine Boutin fait partie de ce petit nombre, avec d’autant plus de mérite que son statut de ministre la place souvent sous les feux et la pression des médias… Notre confrère Tugdual Derville a salué cet engagement dans une belle chronique de “France Catholique” du samedi 18 octobre dernier, dont nous reproduisons ici les principaux extraits.
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L'identité occidentale Version imprimable Suggérer par mail
Europe
L’identité occidentale vue par Benoît XVI

“Y a-t-il une identité de l’Europe qui ait un avenir et pour laquelle nous puissions nous engager entièrement ?” C’est la question que posait le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, le 13 mai 2004, dans un discours au Sénat de la République italienne, réuni pour sa XIVe législature. Il y faisait ce constat, dont la tragique évidence ne cesse de s’aggraver :

“Il y a, de la part de l’Occident, une étrange haine de soi-même, que l’on ne peut considérer que comme quelque chose de pathologique. L’Occident fait de louables efforts pour s’ouvrir, plein de compréhension, à des valeurs extérieures, mais il ne s’aime plus lui-même. Il ne voit plus de son histoire que ce qui est critiquable et négatif, et il n’est plus en mesure de percevoir ce qui y est grand et pur. Si elle veut vraiment survivre, l’Europe a besoin d’une nouvelle acceptation d’elle-même.“

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Un nom sur "l'exception française" Version imprimable Suggérer par mail
POLITIQUE
Presse écrite : mettre un nom sur “l'exception française”

L’ouverture des “Etats généraux de la presse écrite” à l’Elysée nous vaut en ce moment une avalanche de commentaires affligés sur la situation des grands quotidiens français, menacés de disparition pure et simple face à la concurrence de l’audiovisuel, d’internet et des journaux gratuits. Mais toute la presse écrite, dans les autres pays du monde, résiste aux mêmes pressions de l’environnement, sans menace pour sa propre survie. Pourquoi la France fait-elle exception ?
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"Pas de gauche, mais…" Version imprimable Suggérer par mail

"C'est sans doute une faiblesse, mais moi, je n'ai jamais été de gauche, mais j'aime la justice et ce n'est pas juste que ceux qui nous conduisent où ils nous ont conduit n'assument pas les responsabilités qui sont les leurs."
(Nicolas Sarkozy à New York, 23 septembre 2008.)

Si les mots ont un sens, sous ce style débridé, cela revient à classer la soif de justice à gauche, avec cette circonstance aggravante que ce serait comme une “faiblesse” pour le pur homme de droite de venir la partager ! C’est faire vraiment un grand honneur public à la plus vieille des “idées toutes faites” médiatisées par la gauche pour discréditer ses adversaires aux yeux de l’opinion. Quel besoin de réveiller ce mythe, auquel (presque) plus personne ne croit ?

Rétributive ou distributive, la justice a un fondement objectif étranger aux mirages des idéologies: elle consiste à rendre à chacun selon ce qui lui est dû, à mille lieues de ce que pratiquent aujourd’hui les partisans sans foi ni loi du grand pocker menteur de la financiarisation, mais aussi les tenants de l’utopie égalitariste revendiquée depuis plus de deux siècles par les héritiers de la Révolution française.

C’est une idée distributive de gauche – la “discrimination positive” – qui a ouvert la voie aux commerciaux des banques américaines pour dynamiter les fondamentaux de l’accession à la propriété et poser les bases de la crise des subprimes. C’est la riposte rétributive d’un gouvernement de droite qui répond aujourd’hui en étatisant les pertes, ce qui revient dans le système américain à faire porter au monde entier le poids de cette gigantesque dette qui n’aura profité qu’à quelques-uns.

Mais la pire des injustices reste bien celle qui fut construite par les banques pour vendre de juteux mensonges aux centaines de milliers de familles américaines aujourd’hui expulsées de leur logement, avant de se débarrasser de leur mauvais risque en le titrisant. Il n’y a pas de “faiblesse” à réclamer le châtiment des coupables de ces malversations financières, même si c’est plus facile pour un Président de la République Française de le clamer haut et fort… en territoire américain.

Gabriel de Seinemont

 
Sarkozy et la quête du sens Version imprimable Suggérer par mail

"Pour la première fois dans l'histoire de la France républicaine, un pape et un président de la République affichent une politique commune", a remarqué le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon. De toute évidence, pour le lecteur sedcontriste, c’est le Président Sarkozy qui fait ici le chemin le plus spectaculaire en présentant sa défense de la laïcité positive comme une vraie “quête du sens”, dans l’éclairage des racines chrétiennes de notre pays:

“La dignité humaine, l’Église ne cesse de la proclamer et de la défendre (…) A l’heure où ressurgissent tant de fanatismes, à l’heure où le relativisme exerce une séduction croissante, où la possibilité même de connaître et de partager une certaine part de la vérité est mise en doute, à l’heure où les égoïsmes les plus durs menacent les relations entre les nations et au sein des nations, cette option absolue pour la dignité humaine et son ancrage dans la raison doivent être tenus pour un trésor des plus précieux (…) Voilà la pratique de la laïcité positive : la quête de sens, le respect des croyances. Nous ne mettons personne au devant de l’autre, mais nous assumons nos racines chrétiennes.” (Accueil de Benoît XVI à l’Elysée, 12 septembre 2008.)

Le même discours donne des gages à la philosophie “des Lumières” et des “droits-de-l’homme” qui se dresse pourtant à la source des maux dénoncés ici par le Président, mais cette contradiction dialectique ne doit pas nous permettre de minimiser le plus important : un chef d’Etat français dénonce aujourd’hui explicitement le relativisme mortel du “chacun pour soi”, du “chacun sa vérité”, il invite à la recherche du bien, au partage du sens, et rattache cette quête de vérité aux valeurs spirituelles qui ont construit la nation.

L’affirmation présidentielle marque une avancée importante, si l’on veut bien y réfléchir, par rapport au texte déjà très fort du discours du Latran. Elle nous dit qu’on ne reconstruira pas la France sans y renouer avec un consensus sur ce que la doctrine sociale de l’Eglise appelle recherche du bien commun : “La démocratie ne peut se contenter de reposer sur l’addition arithmétique des suffrages, ni sur les mouvements passionnés des individus. Elle doit également procéder de l’argumentation et du raisonnement, rechercher honnêtement ce qui est bon et nécessaire, respecter des principes essentiels reconnus par l’entendement commun.” (Op. cit.)

Si la démocratie, comme la foi, ne peut que se grandir aux éclairages de la raison, c’est tout le catéchisme de la “religion des droits-de-l’homme”, mère du subjectivisme égocentrique et du relativisme moral, qu’il faut remettre en question.

Hugues Kéraly

 
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