| Sur la question du “sens" |
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Dans toute l’histoire de la pensée philosophique, le sed contra ne constitue qu’une objection faite au lieu commun, comme une invitation lancée à l’interlocuteur pour qu’il s’interroge un instant avec vous au-delà de “l’idée toute faite”, nullement un point d’ancrage systématique dans l’opposition qui suffirait à tout… Sedcontra.fr n’invite donc personne à se bloquer bêtement sur l’idée contraire, mais seulement à l’examiner avec nous, pour se porter avec nous au niveau du sens, et éclairer ou faire évoluer sa propre conviction personnelle, quelle que soit son éducation, ses engagements personnels, sa famille d’esprit. Etre “sedcontriste”, c’est chercher le sens, – le sien, celui des autres – et le chercher précisément avec les autres, non proclamer partout qu’on serait les meilleurs, ni qu’on l’aurait déjà trouvé ! Exemple : si je répète à tout bout de champ, avec les grands médias et les anti-philosophes du “politiquement correct”, que toutes les idées, toutes les cultures et toutes les religions se valent, est-ce que cette position “officielle” issue du Siècle des “Lumières” est toujours pertinente aujourd’hui ? Est-ce que ce postulat reste encore pertinent et soutenable au regard des enseignements de l’histoire contemporaine, des investigations de la sociologie et de l’observation des mœurs individuelles ? La réponse est non. Ce qui invite bien sûr à se poser d’autres questions… comme celle de savoir si le christianisme et son héritage “colonial” ont fait plus de bien que de mal dans l’histoire politique, économique et sociale des humains. Notre “conviction du sens” – encore un fois – n’entraîne pas l’illusion suicidaire que nous aurions toujours raison, seuls contre tous, sur tous les sujets abordés… Elle impose au contraire d’inviter l’autre à sortir avec nous des facilités du consensus idéologique orchestré par les médias pour se poser des questions, dans la conviction commune que les choses ont une logique, une consistance, un être, et donc un sens qui mérite examen. … Un sens profond qui se rattache à l’être et pas seulement comme le pensent les idéalistes et les révolutionnaires aux constructions toutes-puissantes de l’esprit humain… Un sens qui résiste parfois aux assauts de l’esprit parce qu’il nous est extérieur, mais qui peut et doit aussi nous devenir intérieur si nous savons l’approcher… Un sens auquel nous résistons souvent pour de mauvaises raisons : celles des “idées toutes faites”, plus confortables et mieux admises socialement. Platon l’a raconté dans son Allégorie de la Caverne, dont la modernité apparaît aujourd’hui de plus en plus clairement. Gabriel de Seinemont |
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