| Les hérésies biologiques du transformisme |
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Les bases “expérimentales” de la théorie de l’Évolution des espèces (le transformisme darwinien) sont-elles compatibles avec les découvertes des sciences contemporaines sur la matière et sur la vie ? Il semble bien que non : plus les sciences de la nature progressent dans l’explication des mécanismes de la vie, et plus elles s’avèrent impuissantes à percer – en vertu des seules lois de la matière – le mystère de son origine... Les philosophes savent depuis longtemps que les questions sur le mécanisme de la vie, et celles sur son origine, doivent être soigneusement distinguées dans l’ordre de la connaissance humaine : expliquer comment “fonctionne” la vie n’a jamais suffi à résoudre la question de savoir pourquoi elle est telle et d’où elle vient... On peut, de même, s’exprimer fort correctement en une langue sans rien entendre aux divers traités sur les fondements du langage. Mais l’inverse n’est pas vrai, et il est au moins demandé à la linguistique qu’elle ne contredise pas la grammaire. Pourquoi se montrerait-on plus indulgent pour les extrapolations de nombreux scientifiques sur les origines de la vie – alors même qu’ils prétendent l’expliquer “scientifiquement” ? Si leurs opinions s’avèrent inconciliables avec ce que leur Science nous apprend par ailleurs de certain sur la matière et sur la vie, on doit les rejeter sans autre examen de ce qu’ils proposent. […] Par chance, il se trouve que l’explication des mécanismes de la vie a accompli depuis plus d’un demi-siècle des progrès considérables ; 1953, année de naissance de la biologie moléculaire, introduit en effet pour toutes les sciences de la vie (cytologie, histologie, embryologie, génétique, biométrie, etc.) une véritable révolution copernicienne. D’un mot, une impressionnante suite de recherches couronnées de succès établit que les principes constitutifs de toute vie peuvent et doivent être décelés au niveau des éléments ultimes de l’être animé, c’est-à-dire de l’organisation moléculaire de ses cellules. […] Depuis Aristote, tous les biologistes affirment que le vivant fonctionne comme une machine autorégulatrice ; ils ajoutent même que rien ne vaut, pour comprendre le fonctionnement des organes, l’analogie fonctionnelle des mécanismes automatiques conçus par l’intelligence humaine. Les découvertes sur le rôle de l’A.D.N., “poste de commande” de tout l’organisme, apportent à ce principe une confirmation à la fois expérimentale et théorique qu’on peut considérer comme éclatante. Cette assurance pourtant n’autorise pas le scientifique (et encore moins le philosophe) à conclure que le vivant n’est pas autre chose qu’une machine. […] Il reste en effet dans les manifestations de la vie, humaine ou animale, une quantité considérable de choses qui ne se mesurent pas ; ces “données objectives de l’expérience” seraient-elles, pour si peu, moins directes et moins réelles que les autres ? Encore une fois, si les théories de la biologie moléculaire paraissent bien fondées, expérimentalement, elles n’en sont pas pour autant universelles ; elles ne se prononcent même que sur une seule catégorie de phénomènes : les mécanismes d’assimilation, de régulation et de reproduction du monde vivant. Comment le biologiste pourrait-il ne point abandonner à la réflexion du philosophe, s’il ne veut pas s’égarer hors des voies de la Science contemporaine, toute question sur le pourquoi de la vie, son commencement et sa fin ? “La description et l’interprétation scientifique des ontogenèses et des phylogenèses reste identiquement ce qu’elle est sans qu’il soit besoin de recourir aux principes premiers, trans-scientifiques, de mécanisme ou de finalité. La science naturelle ne ruine la finalité ni ne la démontre (...) Ce que les savants, comme savants, peuvent faire de mieux pour éclaircir le problème de la finalité naturelle, c’est de ne pas s’en occuper.” (Etienne Gilson: D’Aristote à Darwin et retour) De mémoire d’homme, toutes les “mutations” observées dans le monde vivant sont indifférentes (la souris grise donne naissance à une souris blanche), voire régressives (telle race de bœufs perd ses cornes) ; elles ne sont jamais progressives : le monde vivant connu n’offre à l’observation des hommes aucune ébauche d’organe nouveau. La “microévolution” inscrite depuis toujours dans certains faits de l’Histoire des animaux, et aujourd’hui expliquée par les découvertes de la biologie moléculaire, n’a donc aucune commune mesure avec la “macroévolution” postulée dans l’hypothèse transformiste. Il est même clair qu’elle la contredit. […] On objectera encore, les transformistes du moins ne s’en privent pas, que nos observations en la matière portent sur une durée beaucoup trop courte pour être considérées comme décisives. Que signifient en vérité, au regard des centaines de millions d’années des ères géologiques, les quelques millénaires de notre Histoire ? Le processus “mutations-sélection” ne peut être compris, comme facteur d’évolution biologique progressive, que sur des périodes de vie fantastiquement allongées. Georges Salet répond – et c’est l’argument central de sa réfutation – que le problème en effet essentiel du temps nécessaire à l’Évolution n’a jamais été scientifiquement abordé dans le Darwinisme, ancien ou nouveau : “Un milliard d’années ou même un milliard de milliards d’années sont-ils suffisants pour permettre aux mutations, aidées par la sélection naturelle, de fabriquer un Poisson ou un Homme à partir d’une Amibe ? Je pose la question.” (Hasard et certitude.) […] Le problème du temps nécessaire à l’Évolution, en effet, n’est pas exclusivement biologique. Les découvertes récentes sur le rôle de l’A.D.N., sa duplication et ses accidents éventuels ont permis d’établir que toute modification intervenant dans l’organisation moléculaire des cellules vivantes devait être attribuée au seul hasard : ainsi n’y a-t-il pas d’explication physico-chimique possible du “pourquoi” des mutations moléculaires... Cette base sera peut-être considérée comme décevante, mais elle est sûre, même pour Jacob et Monod. On ne peut donc en faire fi et continuer à se vouloir “scientifique”. Cependant le hasard, s’il n’évoque que contingence pour le biologiste et plus encore pour le commun des mortels, ne tient pas toujours en échec le mathématicien. Il est exact qu’on doit s’interdire toute prédiction sur la probabilité de réalisation d’un événement unique, s’il “dépend” – comme on dit – du hasard (par exemple : serai-je ou non victime d’un accident sur les routes, au prochain week-end ?) Mais lorsqu’un phénomène global résulte d’un très grand nombre d’événements minimes individuellement aléatoires, on peut alors formuler à son sujet quelques prédictions tout à fait certaines : pas de week-end en France sans victimes sur les routes... Paradoxalement, le hasard appliqué aux “grands nombres” obéit à des LOIS qui ne souffrent pas plus d’exceptions que les lois de la Physique ou de la Mécanique céleste. Cela est suffisamment démontré par l’exactitude de toutes leurs applications, commerciales ou électorales. Parmi ces lois, il en est une qui fonde toutes les autres, et qui peut s’énoncer ainsi: “Un événement remarquable de probabilité suffisamment faible ne se produit jamais dans les limites de temps et d’espace donnés.” On aura reconnu ici la “loi unique du hasard” formulée par le mathématicien Émile Borel (1871-1956). Or les limites de temps et d’espace de la vie sur notre planète, et donc aussi de son éventuelle Évolution, sont établies par la Science ; on se disputera peut-être encore longtemps sur les centimes, l’ordre de grandeur est bien assuré. Il fournit une base largement suffisante à la spéculation mathématique pour conclure que, compte tenu de l’extraordinaire complexité moléculaire de la moindre cellule vivante, l’apparition “au hasard” chez une espèce quelconque D’UN SEUL dispositif nouveau est un événement de probabilité P = 10 puissance 50, ce qui correspond à une “impossibilité cosmique”. Les sceptiques pourront consulter, pages 81 à 244 de l’étude de Georges Salet, le détail de cet hyperbolique mais nécessaire calcul. […] La “macroévolution” biologique postulée dans l’hypothèse transformiste aurait donc eu à peu près autant de chances de se réaliser que M. Dupont en a de “toucher” le tiercé dans l’ordre, tous les jours et pendant toute sa vie, en prenant à chaque fois un unique billet... C’est vraiment bien peu, pour continuer d’y voir autre chose qu’une fumée ! Pour en savoir plus : Abonnez-vous et reportez-vous aux fonds éditoriaux de sedcontra.fr (onglet PANORAMAS, rubrique LECTURES, dossier Salet (Georges). Hasard et certitude, par Gabriel de Seinemont, 11 pages) |
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