| Vous avez dit "sed contra"? |
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Plusieurs lecteurs nous interrogent sur le choix de l’appellation du site des “chercheurs de sens” : sed contra. Mot à mot, sed contra signifie “mais par contre” : façon d’introduire une antithèse dans un raisonnement, voire une simple objection dans la discussion des idées. Cette antithèse ou cette objection ne signifient aucunement qu’il faudrait y arrêter pour toujours nos facultés mentales. Elle constitue au contraire une invitation à porter notre attention plus loin, et si possible deux ou trois marches au-dessus… “Du choc des idées jaillira la lumière”, écrivait Aristote, père incontesté de la pensée scientifique occidentale. Aucun exercice de l’intelligence au sens vrai n’est possible sans cet outil dialectique, “interelationnel”, qui consiste à confronter quotidiennement nos expériences, nos découvertes, nos intuitions et nos “parts de vérité”. Sedcontra.fr n’invite donc personne à se bloquer bêtement sur l’idée contraire, mais seulement à l’examiner avec nous, pour se porter au niveau du sens, et éclairer ou faire évoluer sa propre conviction personnelle, quels que soient son éducation, ses engagements personnels, sa famille d’esprit. Etre “sedcontriste”, c’est chercher le sens, – le sien, celui des autres – et le chercher précisément avec les autres, non proclamer partout qu’on serait les meilleurs, ni qu’on l’aurait déjà épuisé ! Notre “conviction du sens” – encore un fois – n’entraîne pas l’illusion suicidaire que nous aurions toujours raison, seuls contre tous, sur tous les sujets abordés… Elle impose au contraire d’inviter l’autre à sortir avec nous des facilités du consensus idéologique orchestré par les médias pour se poser des questions, dans la conviction commune que les choses ont une logique, une consistance, un être, et donc un sens qui mérite examen. L’attitude qui consiste à proclamer partout – en dépit des leçons de l’histoire – que toutes les idées, toutes les cultures, toutes les religions et tous les comportements “se valent” aboutit à une négation pure et simple des ressources critiques de l’intelligence humaine. A terme, elle signe l’arrêt de mort de notre civilisation. Je vous accorde sans peine que, ce sur chemin étroit des tentatives d’ascension vers la Lumière du sens, nous ne sommes pas toujours de formidables marcheurs, ni de grands visionnaires, ni encore très nombreux… Est-ce une raison pour rejoindre en silence la Caverne de Platon, se scotcher au film imposé par l’Opérateur unique et baisser les bras ? Gabriel de Seinemont
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