“Privilèges” Version imprimable Suggérer par mail

Vous y croyez, vous, à la nuit du 4 août ? à l’abolition des privilèges? Eh bien moi pas ! Ceci pour deux raisons : tout d’abord les privilèges n’ont pas été abolis, ils ont simplement changé de camp ; en second lieu, au risque d’être politiquement incorrect, je suis pour les privilèges ! À une seule condition, que ce soit pour un plus grand service… Sinon, nous sommes des salauds !

Les privilèges sont dans la vie du plus grand nombre d’entre nous : une famille, quelques moyens matériels, cette capacité à réfléchir, mais aussi la santé… Bref tout ce qui permet à notre humanité personnelle de pouvoir s’exprimer et grandir. Les bénédictions qui sont sur ma vie, ne sont pas uniquement pour moi mais aussi pour les autres. Je ne peux me contenter de vivre replié sur moi au risque de me nécroser plus rapidement que prév.

C’est dans le bas Moyen-Âge qu’est né le concept occidental de noblesse. N’importe qui pouvait être anobli à condition que sa vie fût sans reproches, ses compétences reconnues, et ses services généreux et sans condition. C’est alors, que pour mieux servir la communauté, cet homme avait certains privilèges dont celui de ne plus travailler aux tâches matérielles afin de pouvoir être totalement donné au service du bien commun. Servir, tel est le maître mot. Quand nous regardons notre époque nous nous apercevons que deux petites lettres ont été rajoutées en amont. Se servir, c’est la nouvelle devise, celle qui considère que les privilèges son pour la réussite immédiate et personnelle au détriment des autres. Le parfait fonctionnement d’une âme frelatée.

Il est bien triste que de nos jours, les galons soient gagnés à l’ancienneté. Comme si l’ancienneté était gage de compétence. À quoi cela sert-il de s’améliorer et de servir mieux si, tout en restant dans la paresse, il est possible d’ arriver aux mêmes reconnaissances et royalties? Pour terminer je voudrais laisser à votre méditation quelques phrases de la fameuse tirade que Don Luis envoie à son fils Don Juan (Acte IV , scène 4). “Qu’avez-vous fait dans le monde pour être gentilhomme? Croyez-vous qu’il suffise d’en porter le nom et les armes, et que ce nous soit une gloire d’être sorti d’un sang noble ? Non, la naissance n’est rien là où la vertu n’est pas. Aussi n’avons-nous part à la gloire de nos ancêtres qu’autant que nous nous efforçons de leur ressembler, et cet éclat de leurs actions qu’ils répandent sur nous, nous impose un engagement de leur faire le même honneur… Et de ne point dégénérer de leurs vertus si nous voulons être estimés leur véritables descendants. … Apprenez enfin qu’un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature, que la vertu est le premier titre de noblesse, que je regarde bien moins au nom qu’on signe, qu’aux actions qu’on fait, et que je ferai plus d’état du fils d’un crocheteur, qui serait honnête homme, que du fils d’un monarque qui vivrait comme vous.”

Alors sois un homme debout, responsable et aimant… Oui aux privilèges… Mais dans l’unique but de servir!

Jean Dom

 

 
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