Précarité du “beau-parent” Version imprimable Suggérer par mail

Secrétaire d’État à la Famille, Nadine Morano, vient de rendre public l’avant-projet de loi relatif à l’autorité parentale et aux droits des tiers, dit “statut du beau-parent”. Ce projet renverse un principe social fondateur : le partage de l’autorité parentale n'est plus justifié par les besoins de l’enfant, mais par les variations affectives des parents. Il amorce la reconnaissance juridique de “l’homoparentalité” (…)

Selon le projet de loi, le partage de l’autorité parentale avec le tiers interviendrait en vertu d’un accord entre les parents et le tiers que le juge devra homologuer dès lors qu’il n’est pas nuisible pour l’enfant. Une telle banalisation ne peut qu’entraîner la confusion dans les rapports familiaux, le tiers étant ainsi associé à l’autorité parentale sans nécessité, puisque le partage de l’autorité parentale ne sera plus justifié par les besoins de l’enfant, comme dans la loi de 2002, mais par la relation du tiers avec le parent de l’enfant.

;La fonction parentale serait ainsi fragmentée entre les différents intervenants se succédant dans la vie de l’enfant au gré des aléas des relations de couple de ses parents, alors que l’enfant a besoin que les rôles soient clairement identifiés et que la spécificité des parents, père et mère, soit bien établie, comme le rappellent avec une rare unanimité tous les psychologues.

Ce projet installe l’enfant dans la précarité, car conférer des prérogatives d’autorité parentale à un tiers dans une perspective provisoire installe l’enfant dans une situation fluctuante où un nouveau “beau-parent” ou tiers peut remplacer l’ancien, sans aucune garantie de stabilité.

Ce projet multipliera les conflits entre adultes, en associant sans nécessité vérifiée un tiers ou deux à l’exercice déjà délicat de l’autorité parentale lorsque les parents sont séparés. Ces conflits seront source de souffrance pour l’enfant.

Ce projet évincera le deuxième parent, en général le père, déjà souvent mis à l’écart matériellement, qui se verra en outre concurrencé dans ses prérogatives juridiques de père (…)

Le projet de loi est donc inutile juridiquement et dangereux pour tous les enfants en raison de l’éparpillement de l’autorité parentale qu’il suppose. (…)
Source : Elizabeth Montfort (www.libertepolitique.com)

 

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