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Il faut d’urgence qu’ils se mettent enfin d’accord, au sommet de l’Etat : soit l’islam constitue une religion “comme les autres” qui prêche l’amour, la tolérance et relève de la “sphère privée”, auquel cas on pourrait comprendre que notre premier ministre inaugure des mosquées, tandis que nos élites municipales facilitent ou financent l’achat des terrains et aménagent les horaires des piscines ou les menus des cantines scolaires ; soit l’islam intègre aussi un droit positif qui réglemente toute la vie familiale et sociale du croyant, y compris le mépris, l’enfermement et la lapidation des femmes accusées d’adultère, auquel cas François Fillion a tort tandis que Sarkozy, son épouse et son ministre des Affaires étrangères ont raison d’en appeler aujourd’hui à l’Europe entière pour s’y opposer. “En réduisant l’islam à une religion, écrit René Marchand, en le plaçant sur le même plan que les autres confessions, nous avons ouvert à nos adversaires un boulevard dans lequel ils se sont engouffrés. Nous nous sommes piégés dans la guerre subversive de conquête qu’ils mènent contre nous. L’islam est devenu intouchable, interdit d’examen critique. Considéré comme relevant de la “sphère privée”, un mouvement au moins autant politique que religieux est reconnu, salué, admis, accueilli au sein d’une civilisation dont il récuse les principes. Il obtient une place dans des institutions qu’il a, selon son dogme, le devoir de détruire. Les “islamistes”, qu’ils se présentent en qamis ou en costume-cravate, utilisent sciemment, habilement, l’islam-religion comme un cheval de Troie sur la terre qu’ils convoitent. En particulier, ils savent nous rappeler à tout propos nos principes de tolérance, de respect de l’autre... pour avancer leurs revendications et obtenir de nouvelles concessions sur le plan institutionnel ou dans le domaine des mœurs. (Voir La preuve par Kadhafi.)
L’idée que la religion d’un homme relève de sa conscience individuelle – même si elle ne s’y limite pas – est une idée chrétienne, active en Europe depuis Philippe Le Bel, mais qu’aucun autre courant religieux n’a jamais partagée. La doctrine de la distinction entre l’Eglise et l’Etat s’est beaucoup affinée au cours des siècles, sous l’action temporelle des princes et des constitutions, sans jamais se contredire.
Or, cette distinction n’a aucun sens pour l’islam, quand bien même toutes les Républiques islamiques du monde proclameraient ensemble en un acte solennel la séparation du politique et du religieux. Un vrai Fidèle de Mahomet ne se posera jamais de questions sur le bien-fondé des règles sociales de la Charia et des principes politiques du Coran : confusion des intérêts de l’Islam avec ceux de l’Etat, justification de l’esclavage ou de la mise à mort pour les Infidèles, négation de la liberté et de l’égalité des hommes devant Dieu, assujettissement et mépris des femmes… A prendre ou à laisser, qu’on le veuille ou non ! Le Croyant qui cesserait de se soumettre à cet insécable (religion-droit public-droit privé) cesserait aussitôt d’être musulman.
Nos protestations gouvernementales contre les lapidations en Iran n’ont donc strictement aucun sens, par rapport au bien commun national, si elles n’intègrent pas cette donne de ce que l’islam revendique depuis toujours pour lui-même, comme non négociable, des deux côtés de la Méditerranée.
Gabriel de Seinemont
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