Jésus et Mahomet, même combat ? Version imprimable Suggérer par mail

Dans son discours œcuménique du Caire, le Président Obama a fait sensation en multipliant les citations du Coran, du Talmud et de l’Evangile. Du Coran surtout – diplomatie oblige –, dans l’intention sincère mais hautement périlleuse de réhabiliter l’islam comme “religion de paix”.

A l’applaudimètre, c’est cette référence au Coran qui a recueilli le plus vif succès : “Quiconque tue un être humain est considéré comme le meurtrier de l’humanité tout entière. Quiconque sauve la vie d’un seul être humain est considéré comme ayant sauvé la vie de l’humanité tout entière !” (Sourate V, verset 32)

Vérification faite, la citation était tronquée. Elle dit précisément: “Quiconque tue un être humain non convaincu de meurtre ou de sédition sur la Terre…” Dans les jugements rendus par tous les tribunaux islamiques, la simple critique du Coran ou de la Charia – et a fortiori l’apostasie – constituent en effet des actes de “sédition” contre l’Etat, passibles des pires châtiments :

“Ceux qui ne croient pas à Nos Versets, Nous les brûlerons bientôt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d'autres peaux en échange afin qu'ils goûtent au châtiment” (Sourate IV, verset 56). Ou encore, à propos des juifs et des chrétiens : “Les Incrédules, tuez-les tous, partout où vous les rencontrerez !” (Sourate II, verset 192)

Trouvez-moi un seul passage de l’Evangile où Jésus recommande le meurtre des pécheurs et des incroyants ! On devrait mettre ici en parallèle l’impitoyable violence du Prophète ordonnant la lapidation systématique des femmes convaincues d’adultère et le très beau récit où le Christ, dans les mêmes circonstances, sauve une condamnée juive des rigueurs de sa propre loi.

Jésus et Mahomet, même combat pour la paix, par l’amour du prochain ? Ce leimotiv d’Obama dans le discours du Caire traduit sans doute un grand rêve personnel sur la transformation des cœurs ; mais ce rêve est privé de toute raçine dans la parole et l’exemple laissés par l’un des deux fondateurs, comme il est privé de tout ressort dans la réalité des idéaux et des préceptes que véhiculent ses “gardiens de la foi”.
Gabriel de Seinemont

 
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