Dysfonctionnements et performances Version imprimable Suggérer par mail


Le malheureux habitant de l’Essonne décédé dans la semaine de Noël sans qu’on ait réussi à lui trouver un lit en réanimation aurait-il pu survivre à ses arrêts cardiaques ? Le témoignage des médecins urgentistes du SAMU 91 et les résultats de l’autopsie ordonnée par Parquet d’Evry semblent plaider pour la négative… Ce qui est certain en revanche – mais qui s’en souviendra ? –, c’est qu’une fillette de trois ans a été hospitalisée ce soir-là aux urgences de Sisteron puis transférée dans le coma au service de réanimation de l’hôpital Nord de Marseille pour une méningite fulgurante, dont elle est aujourd’hui sauvée.

Le cas de “dysfonctionnement” en Ile-de-France, aggravé début janvier par trois erreurs médicales ayant entraîné la mort des patients, a fait plusieurs jours de suite la “une” de l’actualité. Le cas de sauvetage en Provence se réduit pour sa part à trois lignes dans les faits divers de la presse régionale ; il est pourtant emblématique des milliers d’autres opérations de secours qui ont été conduites avec succès pendant la même période des fêtes de fin d’année.

Les Centres 15 (SAMU-SMUR) gèrent en effet plus de dix millions d’appels par an. Des milliers de détresses vitales dont on ne parle pas sont donc prises en charge chaque jour et chaque nuit par l’envoi d’une équipe de réanimation à bord d’une unité mobile hospitalière. Le monde entier jalouse les performances de ce dispositif d’urgence et, d’une façon plus générale, de notre système de soins. Si la France détient aujourd’hui le record européen de l’espérance de vie, ces atouts construits par le courage et le professionnalisme quotidiens de tant d’intervenants anonymes y ont évidemment leur part, qu’il faudrait faire sortir de l’ombre à chaque “dysfonctionnement”.

Chercher la cause des échecs occasionnels du système et les combattre au mieux fait partie des devoirs du service public. Y scotcher l’attention des Français pour faire monter l’audience, l’émotion, la colère, reste une insulte à la réalité des services rendus.
Gabriel de Seinemont
 

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