“A son image” Version imprimable Suggérer par mail

Pourquoi sommes-nous capable de toucher au vrai ? Parce que Dieu garantit à l’esprit humain la constitution, la permanence et la crédibilité de toute sa création. Cette conviction constitue sans doute un acte de foi, implicite ou revendiqué, mais cette posture est exigée par notre foi même dans la vérité des sciences et de l’Art, et toutes les autres pétitions de principe conduisent plus ou moins vite à la folie.

Le moins philosophe pourra s’en convaincre par une réflexion très simple sur les données premières de la Révélation. Le Seigneur, dit l’Ecriture (Gen., 1, 26-27), crée l’homme “à son image et ressemblance”. Comment admettre dès lors que seule la créature physique bénéficie réellement de cette participation, et que l’intelligence – autrement dit ce qu’il y a de plus humain en l’homme – s’en trouverait rejetée ? Ou encore que le Tout-Puissant dans ses œuvres s’emploie à nous tromper, en ne créant pas nos facultés intellectuelles selon les mêmes lois que l’univers physique dans son ensemble (hypothèse du Malin Génie, que Descartes lui-même rejette parce qu’elle aboutirait au scepticisme absolu) ?

Si donc l’univers est pour nous objet de science certaine, d’arts véritables, et terrain de productions technologiques capables de tenir debout tout en sortant de l’esprit, comme les voûtes d’une cathédrale, c’est que l’intelligence suprême qui le crée constitue en même temps le Principe dont nous tirons nous-mêmes toute intelligence et toute vie : que Dieu n’a pas lésiné sur sa propre création, en la faisant solide et belle comme nous la voyons ; et qu’Il ne s’est pas non plus moqué des hommes, en les voulant ouvriers, sensibles et pensants.

 Gabriel de Seinemont

(Pour en savoir plus, lire : 
"André Charlier, pour une métaphore de l'art et de la pensée",
onglet “PANORAMAS”, rubrique “Lectures”)

 

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