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FLORENCE CASSEZ
Une manipulation exemplaire: droit de suite
Pour les avocats de la jeune Française lourdement condamnée au Mexique, Florence Cassez, cette observation de simple bon sens n’a pas lieu d’être retenue : dans son cas, l’observation et l’intuition féminines ont miraculeusement disparu. La malheureuse a pu partager dans l’Etat de Mexico la vie, la couche et les caches d’un kidnappeur sanguinaire – Israel Vallarta, coupable d’enlèvements, d’amputation d’otages et d’assassinats –, elle a pu vivre longuement à ses côtés sans se douter une seconde que les occupations et les revenus de son amant sortaient de la légalité… C’est cette himalayesque invraisemblance qui nous a conduit en mars dernier à mener une “contre-enquête”, dans Sedcontra, sur l’affaire Florence Cassez : une contre-enquête qui ne s’interdisait pas de développer les éléments à charge, bien entendu, puisque toute la presse française et d’une certaine façon aussi le Palais de l’Elysée en faisaient la victime parfaitement innocente d’une Justice mexicaine nécessairement aveugle et corrompue. Nous avons donc donné la parole aux témoins et aux dernières victimes du gang des “Zodiacos”, qui affirment que Florence Cassez s’occupait activement de surveiller, droguer et nourrir les otages de son compagnon. (Voir en page d’accueil sous l’onglet “Archives”, à la rubrique “La Une”, l’article intitulé : “Une manipulation exemplaire, cautionnée par le Président”, ou recopiez ce lien sur votre navigateur : http://www.sedcontra.fr/La-Une/Une-manipulation-exemplaire-cautionnee-par-le-President.html) Cette enquête nous a valu des milliers de visites nouvelles, signe que notre suspicion légitime se trouvait partagée par beaucoup, et aussi plusieurs courriels indignés, voire insultants, émis par les défenseurs inconditionnels de Florence Cassez. Leur argument principal tient en un mot : l’arrestation de Florence Cassez et Israel Vallarta, en décembre 2005, avait fait l’objet d’une reconstitution spectaculaire face aux caméras de la télévision mexicaine, au lendemain des faits : la Justice et la police étaient trop contentes en effet de démontrer enfin leur efficacité face au fléau national des enlèvements crapuleux, asortis de tortures et d’assasinats… En quoi cet excès de zèle publicitaire, assorti d’une maladroite mise en scène, établirait-il pour toujours l’innocence de Florence Cassez? Mais voici qu’un nouveau témoignage est versé au dossier par les aveux tout frais d’une autre kidnappeur mexicain, David Orozco Hernández : Florence Cassez partageait la direction des “Zodiacos” avec son compagnon Israel Vallarta. “Florence Cassez nous a rejoint en 2004, et son influence pour imposer et isoler le chef, ou plutôt s’isoler avec lui, ont largement contribué à semer la discorde au sein de l’organisation… Ses fonctions dans la bande consistaient à planifier les rapts et à organiser le recouvrement des rançons… Israel et la Francesa tenaient beaucoup à garder le secret, vis-à-vis des autres membres du groupe, sur les cibles potentielles des enlèvements et la réalité des sommes obtenues des familles d’otages… Ils estimaient que ces informations stratégiques n’avaient pas lieu d’être partagées.” (Sources : La Jornada, El Universal, Radio Trece, El Porvenir, 12-13 mai 2008, Mexico.) L’Agence France-Presse a publié hier un communiqué qui se garde bien d’entrer dans le détail des révélations de David Orozco Hernández, mais donne très largement la parole aux avocats français et mexicains de Florence Cassez. Tous nos journaux ont emboité le pas, en rang par quatre, pour éviter d'avoir à s'interroger… Le mensonge par omission, sélection et orientation des faits, tel que le pratiquent chaque jour les plus grands médias, est bien le plus sournois de tous, parce qu’il nous prive sans le dire des éléments indispensables à l'objectivité et à la liberté de notre propre jugement. Une fois de plus, face à l’idée toute faite du “mythe Cassez” – la belle Innocente face à une Justice corrompue – le témoignage des victimes, l’aveu des comparses et l’évidence elle-même comptent pour rien. La désinformation systématique est devenue notre pain quotidien. @Emmanuel Barbier/Sedcontra.fr, 13 mai 2008
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Permettez-moi de commencer ici par le plus simple et le plus évident : lorsqu’une femme est amoureuse d’un homme, peu de détails sauraient lui échapper. L’élu qui fume trop, multiplie honteusement les apéritifs, voire lorgne seulement d’un œil sur le passage d’une fraîche silhouette dans la rue, cet homme-là n’a qu’à bien se tenir : elle sait. Au besoin, elle reniflera dès son retour, avec une science infaillible, tout ce qu’elle n’a pas vu… L’amour qui rend souvent aveugle les pauvres mâles a plutôt tendance à lui hypertrophier les dons de voyance et d’ubiquité !
Leur argument principal tient en un mot : l’arrestation de Florence Cassez et Israel Vallarta, en décembre 2005, avait fait l’objet d’une reconstitution spectaculaire face aux caméras de la télévision mexicaine, au lendemain des faits : la Justice et la police étaient trop contentes en effet de démontrer enfin leur efficacité face au fléau national des enlèvements crapuleux, asortis de tortures et d’assasinats… En quoi cet excès de zèle publicitaire, assorti d’une maladroite mise en scène, établirait-il pour toujours l’innocence de Florence Cassez?