Ad Vitam : ou de “l'espace vital masculin” Version imprimable Suggérer par mail
Sourire
Ad Vitam : plaidoyer sur “l'espace vital masculin”

De mémoire “d’homo sapiens”, personne n’y a rien pu comprendre depuis la nuit des temps: il suffit que l’homme s’unisse à une femme, fût-ce d’amour tendre et longuement partagé, pour qu’il ne se retrouve plus jamais vraiment chez soi... lorsqu’elle rentre chez elle, ou qu’il revient chez lui ! – Plaidoyer (perdu d'avance) en défense de “l'espace vital masculin”…



Ça doit remonter à l’âge des cavernes, quand Néandertalette lui confisquait d’autorité ses silex et ses lances pour les planquer dehors, près des gouttières de l’entrée, voire dans le coin le plus reculé et le plus inaccessible de la grotte, sous le prétexte appuyé qu’ils pourraient blesser les enfants.

– Laisse-moi ranger tes outils, puisque tu te complais dans le désordre permanent !

Variante :

Et sois gentil d’aller jouer dehors avec tes petits camarades plutôt que de salir avec tes socques de bison puant et les vieilles peaux de chasse la belle fourrure d’auroch du nouveau “coin-dortoir” que je viens d’installer !

C’est la première guerre mondiale de l’humanité, celle qui ne laisse jamais de cadavres apparents, mais qui ne prendra fin... qu’avec la fin des temps.

“Je range, donc je suis”

Femmes, vous rangeriez Dieu lui-même s’il venait à entrer dedans votre maison !, s’exclamait Péguy, cinq millénaires plus tard, impuissant à faire autre chose que de stigmatiser dans son Eve cette ténacité universelle du “je range donc je suis” féminin...

Certes, les objets et techniques des stratégies de planque ont beaucoup évolué : les vieilles pipes du célibataire ont été aseptisées à la Javel et placées sous scellés ; la collection d’incunables des premiers albums d’Hergé est partie dans le débarras du sous-sol, sous le matériel de camping ; le microscope de l’oncle Jacques a rejoint les carnets d’enfance sur une étagère du grenier ; enfin la caisse d’outils, les jeux de vis, la perceuse et ses mèches – bien utiles tout de même pour le cahier des charges domestiques du samedi matin – sont passées sous l’évier... !

La petite niche qui reste provisoirement acquise à l’homme, moins de trois mois après l’amoureuse installation dans les lieux, sera toujours trop grande – et insuffisamment rangée ! – aux yeux de la tendre compagne qui fait semblant de le laisser régner en maître pour mieux le contenir et le gouverner.

Un champ d’action humanitaire sans aucun précédent

Peu de philosophes et de scientifiques ont réfléchi aux significations profondes de ce partage du territoire familial en deux surfaces à ce point inégales qu’elles sont sans doute à l’origine de la suprématie absolue des mâles dans la foire d’empoigne économique, la compétition électorale, la bagarre de rue, la fréquentation des bistros et l’abonnement aux cirrhoses du foie.

Il y a des voies de recherche humanitaires à explorer dans toutes les directions : historiques, culturelles, mystiques, sociolologiques, médiatiques, médicales, psychiatriques, métaphysiques et psycho-somatiques.

Tel est l’ambitieux “objet social” de notre initiative AdVitam : Association pour la défense de l’espace vital masculin. Non pas vaincre le mal, puisque c’est impossible, mais du moins créer un lien entre victimes clairvoyantes pour le mieux comprendre, tirer de cette science nouvelle quelque consolation collective issue de l’intelligence des situations de vie, recueillir des témoignages de réussite dans la résistance intellectuelle et morale à l’envahisseuse, multiplier les secours et les actes de simple solidarité...
Jean de Falaise (pseudo !)


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