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Un abonné de sedcontra.fr exprime son désaccord avec l’éditorial paru dans notre dernier numéro, “Cesser de vouloir l’impossible en Afghanistan”: “Pas d'accord avec votre point de vue sur l'Afghanistan, et 99 % de la population n'est pas pour les Talibans. C'est une population pauvre, de rudes montagnards, attachés à leur indépendance, et il est facile avec cette population de jouer sur la corde nationaliste. La pression des Talibans s'exerce sur les ruraux pour les cacher, les nourrir, sinon, les chefs de familles sont égorgés... “De plus, les Talibans encouragent la culture du pavot (90% de la production mondiale) très rentable pour les paysans, et sur laquelle ils prélèvent leur part. Il est donc primordial d'empêcher les Talibans de reprendre le pouvoir, mais il faut en même temps trouver les moyens de développer l'agriculture vivrière, et des produits d'exportation, d'interdire la culture du pavot. Il faut aussi lutter contre la corruption, limiter le pouvoir des chefs de guerre dans ce pays féodal. Bref, l'équation est très complexe, et demande beaucoup plus de moyens que les nations occidentales ne sont disposées à dégager. Mais il faut rester: "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer"! L'Afghanistan est aussi un bastion, avec le Pakistan, de l'islam le plus dur et le plus barbare, et ceci constitue une raison majeure pour y faire les efforts nécessaires.” Précisions : En ce qui concerne le soutien aux Talibans, je n’évoquais explicitement (sur la foi des enquêtes locales) qu’un retournement de la population rurale, principale victime des “dommages collatéraux” de la stratégie américaine en Afghanistan; mais je concède volontiers que le pourcentage est invérifiable, et que la perspective du retour au pouvoir des Talibans constituerait un cauchemar objectif pour tous les habitants. Ceci dit, pour le recul du féodalisme, le développement d’une agriculture vivrière et la promotion d’une industrie d’exportation, sans retomber dans le “péché colonial” qui y avait si bien réussi en Afrique du Nord, l’objectif est-il encore dans nos moyens ? Où va-t-on trouver des instituteurs, des formateurs, des ingénieurs et des industriels suffisamment héroïques pour encadrer le projet ? Les colons d’Afrique du Nord ont soulevé des montagnes, dans un environnement comparable, mais ils avaient les soldats et les policiers de la France avec eux, sur le terrain, pour maintenir “la paix de l'ordre”, construire des routes, des villes, des écoles, des entreprises et des hôpitaux. A mon plus vif regret, je n’imagine pas les puissances occidentales d’aujourd’hui décider de rétablir un protectorat, avec mandat d’encadrement colonial sur l’Afghanistan. H. K |
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