Fictions

Toute ressemblance avec des lieux et des personnes
existants ou ayant existé est rigoureusement intentionnelle.
Quand  la réalité dépasse la fiction,
on peut encore faire semblant de l’avoir inventée.

 



Comment Roger Debraille est devenu conseiller du Président Version imprimable Suggérer par mail

Nouvelle mitterrandienne

(Printemps 1988, inédit), 5 pages

L
e général Rienbatos s’était donné le plus grand mal pour ne point transformer son prisonnier en martyr de la gauche “évangélico-révolutionnée”. Ce dernier fut libéré pour Noël et restitué intact au Quartier Latin, en première classe, par le vol Airmat Guaci-Paris du 26 décembre… Qui dit mieux ? – Mais non, rien n’y fit. Roger Debraille déclara dès son arrivée à Roissy que la dictature d’Extrême-Droite de Guacitegalpa l’avait tout bonnement torturé, affamé et tenu au secret… Les journalistes oublièrent la bonne mine du plaignant et firent donner la “une” aussitôt. Il n’y eut personne ce jour-là pour s’interroger sur l’étonnant malheur carcéral d’un homme de lettres dont les écrits avaient paru chaque semaine ou presque dans les colonnes du Monde et de La Croix-L’événement. C’est ainsi que Roger Debraille eut son bureau au Palais de l’Elysée et ses vols en première classe sur Air France pour sillonner toute l’Amérique latine, avec passeport diplomatique, dès le mois de mai 1981, comme Conseiller du Président…

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La nuit de l’Enfant Version imprimable Suggérer par mail

Nouvelle salvadorienne

(1984, inédit), 9 pages

M
aria n’eut guère besoin de plaider sa cause pour garder l’Enfant. La nuit même, 7 avril 1984, l’abbé Juarez fut brûlé vif dans sa chambre à l’aide de trois bidons d’essence par les guérilleros du Volcan qui le connaissaient tous depuis si longtemps... La femme en tenue léopard présidait sans mot dire à son immolation… Cinquante autres assassinats devaient être perpétrés dans les heures suivantes contre les notables du centre-ville de Santa Ana, petits ou grands, leurs femmes, leurs enfants, tous “complices” de l‘ignoble gouvernement ! Luis et Maria Martinez échappèrent au massacre, avec leur nouveau Trésor, pour trouver refuge dans une banlieue de la capitale où ils vivent encore aujourd’hui. J’ai vu l’Enfant miraculé du terrorisme latino-américain. La finesse, la gravité, la beauté indienne de sont visage sont exceptionnelles, et j’en connais beaucoup. Il s’appelle Jesus, comme des milliers d’autres petits Salvadoriens…

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La clé du Songe Version imprimable Suggérer par mail

Nouvelle providentielle

(Avril 1994, inédit), 12 pages

(…)

L
es visions prémonitoires de Sarah croisaient parfois les émotions, les couleurs et les temps… Celle qui lui était venue sur l’attentat du 13 mai, place Saint-Pierre, contre le pape Jean-Paul II, l’avait entraînée ainsi dans les eaux de plusieurs films intérieurs que rien n’aurait dû mélanger... C’était le 1er mai 1981, en plein après-midi de relâche nationale, dans l’appartement de la rue Copernic. Sarah reçut comme un coup de tonnerre l’image de l’homme en blanc saisi d’une fulgurante douleur à la poitrine – brûlure d’une lame invisible pour la victime elle-même et son escorte d’ecclésiastiques et de gardes du corps... Elle le vit s’effondrer d’un bloc dans la “papamobile” contre la silhouette noire du secrétaire polonais, qui le soutenait maintenant dans ses bras…

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C’était la honte… Version imprimable Suggérer par mail

Nouvelle néo-gaullienne

(Hiver 1961, inédit), 6 pages

(…)

J
ean et Thierry de Falaise ont quatorze et treize ans, pas un centime en poche, et un compte à régler avec l’univers entier... Ils endossent leurs cartables, claquent la porte de l’immeuble dans le bas de la rue Copernic et dévalent en silence les grands trottoirs de l’avenue Kleber pour rejoindre le Trocadéro. Jean et Thierry n’emprunteront pas le vieux détour “marrant” par La Muette, l’avenue de Boulainvilliers et l’étroite rue des Vignes, comme autrefois, pour retrouver les bons copains aux porches de leurs hôtels particuliers, et faire les quatre cent coups ensemble, avant les classes, jusqu’à entrer dans le champ de vision du surveillant général qui sévit rue Raynouard à la porte de Saint-Jean-de-Passy. Depuis que le Colonel de Falaise a pris une retraite imprévue à la Division Politique de prison de La Santé, pour “complot contre la Sûreté de l’Etat”, il n’y a plus de copains qui tiennent dans tout le XVIe arrondissement de la capitale. Les parents ont prévenu : – Les Falaise sont indignes de votre compagnie, le Bottin Mondain vient d’ailleurs de les radier de sa dernière édition : vous coupez les ponts !

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Portrait de femme avec meurtres Version imprimable Suggérer par mail

Roman de politique-fiction en trois fichiers PDF à télécharger et imprimer

(Mai 2008, inédit), 180 pages, par Hugues Kéraly

(…)

P
rès de la porte du refuge, au sommet de la Dent d’Oche, la masse énorme de l’assaillant ne manifeste plus aucun signe d’hostilité. Jean de Falaise s’en approche à pas de loup, bien décidé à achever la bête d’un coup de pic à glace dans la gorge ou entre les deux yeux, en cas de nécessité. “Non, il faut lui exploser le cœur, lui retourner les tripes, ailleurs ça pourrait glisser...” L’agent Dragan est couché à plat sur le dos, jambes et bras écartés, comme sous l’effet d’une énorme explosion. Jean vérifie que le fusil à pompe ne traîne pas près d’une main, puis s’assure du moral de l’adversaire par un grand coup de pied dans les reins... Pas de réaction. La bête est morte. Enfin ! Elle baigne d’ailleurs dans une impressionnante quantité de sang, qui englue déjà les semelles de Jean.

“Méfions-nous des armoires à glace, se dit Jean, beaucoup moins distrait qu’à l’accoutumée. Je dois trouver la jugulaire, et m’assurer que le cœur a bien fini de battre à la base du cou.”Jean de Falaise s’est mis à genoux pour chercher la veine. Ses mains remontent à tâtons le long du vaste torse de l’adversaire abattu, avancent encore, trouvent une épaule, et finissent par tomber dans une sorte de trou informe, glaireux, gluant : le cou du géant, ou plutôt ce qu’il en reste, ne retient plus que des lambeaux de cervicales, de mâchoires et d’amygdales mélangées...

– Merde !

L’agent Dragan n’a plus de tête. Le premier coup de feu de la Mygale, après la découverte des blessures au bras et à l’aine, c’était pour lui... Un tir à bout portant, immédiat, sans rémission... Un tir prévu sans doute, pour les blessés non transportables, par le règlement de l’Organisation. Le tir que la grosse brute destinait au beau visage de Sarah et à celui de Jean !

– Sarah !

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icon Portrait de femme avec meurtres - partie 2 (2.26 MB 2008-05-17 20:25:46) 

icon Portrait de femme avec meurtres - partie 3 (1.08 MB 2008-05-17 20:26:06)