Du côté de l'éducation Nationale Version imprimable Suggérer par mail

Souvenirs d'une bonne foi d'enseignant (1975).

C
e matin-là, pénétrant dans la classe que les programmes scolaires désignent encore sous le nom de “philosophie”, j’ai senti chez mes élèves une indisposition... comment dire ? plus brutale, plus épaisse vraiment qu’à l’accoutumée. Depuis belle lurette, le spectacle des vingt-six corps vautrés sur une lecture, un jeu ou une somnolence d’ilote avait perdu pour moi son caractère de curiosité (…) qu’ils se lèvent d’abord, on reprendra ensuite selon l’urgence et la nécessité. Mais le maître qui crie est perdu. Force m’était bien d’attendre la levée des corps moins endurcis dans leur animalité, ou plus lents à la perte des vieilles habitudes. Dans cette société, où les initiatives élémentaires se comptent sur les doigts d’une main, trois personnes debout font une majorité : le reste finissait par suivre sans trop de fracas. “– Messieurs, vous pouvez vous coucher !” Pour beaucoup, la phase vraiment douloureuse de mon enseignement avait pris fin...

icon Du côté de l'Education Nationale (367.83 KB 2008-05-17 16:37:46) 

 
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