| Un mariage contre nature entre le sexe et la mort |
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Il existe une relation profonde entre le sexe et la mort : une relation antagoniste où se perpétue la vie du groupe et se scelle le destin de l’individu ; une relation complexe aussi, puisqu’elle mesure tout à la fois l’angoisse d’une finitude, la paix d’une communion charnelle, les promesses d’une postérité... L’homme et la femme en subissent la pression depuis l’âge des cavernes, ils s’y déchirent et s’y retrouvent dans toutes les langues – la psychanalyse ici n’a rien eu besoin d’inventer. Cette relation toutefois se délite, au point de se détruire elle-même, lorsque le sexe produit directement la mort par voie de maladies transmissibles, de manipulations embryonnaires ou d’interruptions volontaires de grossesse au lieu de la combattre et de s’y mesurer. L’image de la mort y perd son statut fécondant : d’ennemie, la voici devenue complice, comptable, parasite direct de l’activité sexuelle du groupe humain. L’acte sexuel lui-même, privé de sa finalité vitale, coupé de ses racines sentimentales, empêché dans toute sa dimension de transcendance, réduit à servir d’instrument au seul désir des sens, y perd son caractère sacré... L’alliance est contre-nature, au point que plusieurs civilisations déjà en sont mortes, selon le témoignage de nombreux historiens.
On peut penser et dire n’importe quoi sur l’état des mœurs sexuelles qu’on voudrait voir adopter ou plutôt faire tolérer par le plus grand nombre, à travers le monde entier. On peut trembler de honte, on peut hurler de joie. Personne cependant n’est en mesure de contester aujourd’hui que la morbidité et la mortalité sexuelles, toutes causes et tous moyens confondus, augmentent considérablement.
Les grandes endémies en effet ne s’abattent point au hasard ni sur n’importe quel terrain. Il faut partir de la situation d’ensemble pour comprendre, par-delà les sarcasmes ou les grincements de dents, ce que nous signifie la maladie du sida. Non pas seulement comme invasion virale, mais comme échec au “Progrès”.
C’est le sens des principaux articles que nous publions dans ce “Spécial Sidaction”. ©Hugues Kéraly / Sedcontra.fr
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