Sarkozy et la quête du sens Version imprimable Suggérer par mail

"Pour la première fois dans l'histoire de la France républicaine, un pape et un président de la République affichent une politique commune", a remarqué le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon. De toute évidence, pour le lecteur sedcontriste, c’est le Président Sarkozy qui fait ici le chemin le plus spectaculaire en présentant sa défense de la laïcité positive comme une vraie “quête du sens”, dans l’éclairage des racines chrétiennes de notre pays:

“La dignité humaine, l’Église ne cesse de la proclamer et de la défendre (…) A l’heure où ressurgissent tant de fanatismes, à l’heure où le relativisme exerce une séduction croissante, où la possibilité même de connaître et de partager une certaine part de la vérité est mise en doute, à l’heure où les égoïsmes les plus durs menacent les relations entre les nations et au sein des nations, cette option absolue pour la dignité humaine et son ancrage dans la raison doivent être tenus pour un trésor des plus précieux (…) Voilà la pratique de la laïcité positive : la quête de sens, le respect des croyances. Nous ne mettons personne au devant de l’autre, mais nous assumons nos racines chrétiennes.” (Accueil de Benoît XVI à l’Elysée, 12 septembre 2008.)

Le même discours donne des gages à la philosophie “des Lumières” et des “droits-de-l’homme” qui se dresse pourtant à la source des maux dénoncés ici par le Président, mais cette contradiction dialectique ne doit pas nous permettre de minimiser le plus important : un chef d’Etat français dénonce aujourd’hui explicitement le relativisme mortel du “chacun pour soi”, du “chacun sa vérité”, il invite à la recherche du bien, au partage du sens, et rattache cette quête de vérité aux valeurs spirituelles qui ont construit la nation.

L’affirmation présidentielle marque une avancée importante, si l’on veut bien y réfléchir, par rapport au texte déjà très fort du discours du Latran. Elle nous dit qu’on ne reconstruira pas la France sans y renouer avec un consensus sur ce que la doctrine sociale de l’Eglise appelle recherche du bien commun : “La démocratie ne peut se contenter de reposer sur l’addition arithmétique des suffrages, ni sur les mouvements passionnés des individus. Elle doit également procéder de l’argumentation et du raisonnement, rechercher honnêtement ce qui est bon et nécessaire, respecter des principes essentiels reconnus par l’entendement commun.” (Op. cit.)

Si la démocratie, comme la foi, ne peut que se grandir aux éclairages de la raison, c’est tout le catéchisme de la “religion des droits-de-l’homme”, mère du subjectivisme égocentrique et du relativisme moral, qu’il faut remettre en question.

Hugues Kéraly

 

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