Permis de détruire Version imprimable Suggérer par mail


La réforme du permis de conduire, que Nicolas Sarkozy juge “trop compliqué, trop long et trop coûteux”, interviendra dans le courant du mois de janvier. On passera désormais l’examen du code sur ordinateur, avec des questionnaires revus pour éviter les “pièges grammaticaux” et qui pourraient être disponibles… “dans d’autres langues que le français !”

Quant à l’épreuve de conduite, elle devra évaluer “une performance d’ensemble” sans chercher la “faute éliminatoire”, comme celle de “ne pas marquer le temps d’arrêt nécessaire à un stop.” (Sic.)

A l’époque déja lointaine où je corrigeais les copies du baccalauréat pour les épreuves de français et de philosophie, l’Education Nationale nous invitait – dans la même logique – à ne pas focaliser notre attention et nos vieux réflexes d’enseignants sur les fautes de grammaire, d’orthographe, de ponctuation ou de propriété des termes. Il fallait plutôt “apprécier l’effort d’expression d’un jugement personnel du candidat”… Sur quelles bases, puisque tout code commun sur le sens des phrases et des concepts avancés se trouvait dès lors exclu des règles de la compétition ?

Le permis de détruire les codes, en France, ne date pas de la présidence Sarkozy. Voici longtemps qu’on y fabrique de la dissociété, à l’école, dans l’entreprise, dans la rue, en tournant le dos aux règles élémentaires et pacificatrices de la courtoisie.

S’en prendre au code le plus fondamental de tous, celui du langage qui nous permet de communier dans le sens et nous distingue des animaux, c’est précipier l’avènement de la barbarie la plus complète, où seule la volonté de puissance fait la loi.
Hugues Kéraly
 

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