| L’année du sens |
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L’année 2009 a commencé pour nous le 28 décembre dernier, sur la place Colomb de Madrid, par une “Messe de la famille” qui devait réunir plus d’un million de personnes et 37 évêques pour protester contre la politique abortive et euthanasique du gouvernement socialiste. En France, le grand rendez-vous annuel de la “Marche pour la vie” débutera place de la République le dimanche 25 janvier à 14h30, avec la participation de nombreuses délégations européennes. Quinze évêques français ont déjà annoncé leur soutien : deux fois plus que l’année dernière. C’est un signe important, surtout si ces prélats se déplacent et que le froid se maintient : 13% de l’épiscopat renonce à la frilosité, tandis que – chez les laïcs – le combat pour le respect de la vie a déjà tout son sens dans l’espace européen. L’année 2009 est aussi celle des “États généraux de la bioéthique”. Les rapporteurs du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) ont estimé important de “mettre en lumière, plutôt que de les masquer, les fondements philosophiques, spirituels, politiques et sociaux des différentes options”. Ils appellent ainsi ouvertement à un débat de fond sur le sens de la vie, une réflexion sur “les principes fondateurs et fédérateurs de la société et de l’espèce humaine”, et excluent que les lois de la République se contentent ici une fois de plus de “refléter l’évolution de la culture collective et rendre compte des pratiques observées”. En clair, par rapport au leimotiv quasiment pavlovien qui aura prévalu de Giscard à Chirac inclus (aligner la loi sur les mœurs supposées de la population), c’est un formidable progrès. L’année 2009 est celle enfin du débarquement en force de la crise financière dans la vie des entreprises, l’emploi et le pouvoir d’achat des Français. Les interventions étatiques et les régulations internationales restent sans doute nécessaires, mais elles n’apportent aucune solution durable au problème posé. Il va falloir retrouver le sens, redéfinir les droits et les devoirs d’une “économie au service de l’homme”, qui suppose une finance au service de la production des biens et des services, et une entreprise recentrée sur la réponse équilibrée aux attentes de ses trois piliers : l’actionnaire, le salarié, le client… Il ne faut pas attendre que les prédateurs et les tricheurs se convertissent, car nous les aurons toujours avec nous. Mais la promotion du bien commun reste l’affaire de tous les autres, d’accord pour leur rendre la nuisance moins facile, et elle passe par une pédagogie du sens, une reconquête des fondamentaux. Hugues Kéraly
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