| La porte étroite de la paix |
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Le discours d’Obama au Caire marque un tournant majeur et positif de la politique américaine dans le conflit israélo-palestinien : en demandant de façon catégorique aux dirigeants hébreux de geler les “colonisations” et de reconnaître le droit des Palestiniens à constituer eux aussi – sur leur propre terre – un Etat viable et souverain, le Président américain fait œuvre de justice. Il désigne la seule porte ouverte sur une perspective de paix. Pour limiter autant que possible les torrents d’insultes provoqués par un autre éditorial sur le même sujet, je me permets de réaffirmer ici que le fait de s’insurger contre la destruction des infrastructures, le parcage, l’enfermement des îlots palestinens en Cisjordanie et le blocus des populations civiles de Gaza ne fait pas de nous des "militants du Hamas" et moins encore des sympathisants de “l’islamisme”, dont Sedcontra.fr dissèque et dénonce la perversité intrinsèque depuis son premier numéro. On peut respecter et même admirer la vitalité et la vaillance du peuple israélien sans reconnaître le droit à son gouvernement de refuser depuis soixante ans toute perspective d’accès aux ressources naturelles, de désenclavement et de reconstruction nationale aux Palestiniens. Et il n'y a pas la moindre trace “d’antisémitisme”, bien au contraire, à prédire que l’Etat d’Israël lui-même – sauf à liquider d’un coup dix millions d’êtres humains – ne survivra pas une génération de plus à cette position. Les maîtres du jeu israélien s’abritent derrière la violence bien réelle des mouvements de résistance islamique pour continuer de confisquer au profit de 5,5 millions de Juifs 80% des ressources et des terres de la Palestine historique. C’est ce que nous avions nommé la “politique du pire”, car on n’imposera jamais silence aux terroristes en déployant contre les populations civiles des moyens de terreur militaire mille fois plus puissants. On ne fait au contraire que l’alimenter : les bombardements de Gaza ont construit des milliers de vocations supplémentaires à l’attentat et au suicide dans la population palestinienne. Obama n’est pas le seul à douter qu’on puisse indéfiniment priver de tout droit, en la qualifiant tout entière de “terroriste”, une nation qui se considèrera toujours à juste titre comme occupée tant qu’on ne lui reconnaîtra pas un Etat. Mais c’est la première fois que “le principal allié d’Israël” s’exprime aussi clairement à ce sujet. Hugues Kéraly |
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