| Haro sur les patrons ? |
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Les patrons français ont bon dos… Non pas les très “gros”, qui sont quelques centaines en France à encaisser plusieurs millions d’euros par an : personne n’ira vraiment les plaindre, si la crise les oblige à survivre demain avec 50% seulement de tels revenus ! Non : les autres, les deux millions et demi d’entrepreneurs qui se retrouvent aussi sur la selette médiatique… en raison de leur rémunération supposée.
L’Insee a choisi de communiquer ce mois-ci sur leur salaire moyen : 58 260 euros nets par an, soit 4 855 euros mensuels. Toute la presse nationale et économique a diffusé cette information, en omettant de préciser que celle-ci ne portait que sur les dirigeant salariés (190 000 personnes), qui gèrent les PMI-PME les plus importantes, et représentent seulement 8% des entrepreneurs français !
Le revenu moyen des entrepreneurs non salariés (92% des cas) s’élevait en 2005 – dernière année connue dans les statistiques de l’Insee – à 22 100 euros nets par an : 1842 euros par mois. Si l’on veut bien rapporter cette moyenne au temps réellement travaillé par ceux qui tirent leur ressources des seuls bénéfices de l’entreprise (entre 60 et 70 heures par semaine), cela signifie qu’un très grand nombre de dirigeants de TPE et d’artisans, avec ou sans salariés, disposent aujourd’hui d’un revenu horaire inférieur au SMIC : 7 euros nets de l’heure.
“Certains considèrent le chef d’entreprise comme un loup à abattre, disait Wiston Churchill ; d’autres comme une vache qu’on peut traire à l’infini ; peu voient en lui le cheval qui tire la charrue.”
L’entreprise française familiale et artisanale, où l’apporteur de capitaux et le dirigeant ne font qu’un, sur des marchés moins menacés que les autres par la concurrence internationale, est la seule actuellement en mesure de maintenir ou créer de l’emploi non délocalisable sur le sol français. Ce n’est vraiment pas le moment de lui couper ses facilités de trésorerie (comme font les banques), et encore moins de la désigner à la vindicte de l’opinion !
Nous pourrions créer demain une source considérable de vocations "entrepreneuriales" et de création de richesse dans le secteur des TPE françaises et de l’économie de proximité, en y mettant les moyens requis, en termes de soutien stratégique, d’allègement de charges et de formation. Moyennant quoi le gouvernement – et la presse – ne s’occupent sérieusement que des “gros”.
©Hugues Kéraly/Sedcontra.fr, sept. 2009
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