Ce que signifie “sed contra” Version imprimable Suggérer par mail

L’enseigne latine de notre site – sedcontra.fr – suscite des interrogations. Toujours légitimes, et souvent formulées avec sympathie. L’appellation n’est pas claire pour beaucoup. Explication de texte.

En latin, sed contra introduit une antithèse dans un raisonnement, voire une simple objection dans la discussion des idées. Cette antithèse ou cette objection ne signifient aucunement qu’il faudrait y arrêter pour toujours nos facultés mentales. Elle constitue au contraire une invitation à porter notre attention plus loin, et si possible deux ou trois marches au-dessus… “Du choc des idées jaillira la lumière”, écrivait Aristote, père incontesté de la pensée scientifique occidentale. Aucun exercice de l’intelligence au sens vrai n’est possible sans cet outil dialectique, “interelationnel”, qui consiste à confronter nos expériences, nos découvertes, nos intuitions et nos “parts de vérité”.

Sedcontra.fr n’invite donc personne à se bloquer bêtement sur l’idée contraire, mais seulement à l’examiner avec nous, pour se porter avec nous au niveau du sens, et éclairer ou faire évoluer sa propre conviction personnelle, quelle que soit son éducation, ses engagements personnels, sa famille d’esprit. Etre “sedcontriste”, c’est chercher le sens, – le sien, celui des autres– et le chercher précisément avec les autres, non proclamer partout qu’on serait les meilleurs, ni qu’on l’aurait déjà trouvé ! Il y a plus de mille sites en langue française pour rassasier les dévôts des gourous du siècle et de leurs solutions-miracles, dans toutes les idéologies.

Exemple : si je répète à tout bout de champ, avec les grands médias, que toutes les idées, toutes les cultures et toutes les religions se valent, est-ce que cette position “politiquement correcte” issue du libéralisme philosophique des “Grands Ancêtres” de la Révolution Française est toujours pertinente aujourd’hui ? Est-ce que ce postulat reste encore soutenable au regard des enseignements de l’histoire contemporaine, des investigations de la sociologie, de l’observation des mœurs individuelles et des analyses du géopoliticien ? La réponse est non. Ce qui invite bien sûr à se poser d’autres questions… comme celle de savoir si le christianisme et son héritage “colonial” ont fait plus de bien que de mal dans l’histoire politique, économique et sociale des humains. Ce qui invite aussi au courage de répondre objectivement à cette nouvelle interrogation. Hors obsession partisane, calcul politicien pour amadouer la presse et catéchisme républicain.

Notre “conviction du sens” – encore un fois – n’entraîne pas l’illusion suicidaire que nous aurions toujours raison, seuls contre tous, sur tous les sujets abordés… Elle impose au contraire d’inviter l’autre à sortir avec nous des facilités du consensus idéologique orchestré par l’école, la presse, les médias pour se poser des questions, dans la conviction commune que les choses ont une logique, une consistance, un être, et donc un sens qui mérite examen. Je vous accorde sans peine que, ce sur chemin étroit des tentatives d’ascension vers la Lumière du sens, nous ne sommes pas toujours de formidables marcheurs, ni de grands visionnaires, ni encore très nombreux… Est-ce une raison pour rejoindre en silence la Caverne de Platon, se scotcher au film imposé par l’Opérateur unique et baisser les bras?

Ami lecteur, si cette position éclaircie vous paraît la bonne, et dans ce cas seulement : abonnez-vous à Sedcontra.fr. Nous serons moins seuls à tenter l’ascension. Vous serez moins seul à chercher ce qui compte, loin des “idées toutes faites” de l’intelligentsia. Et personne ne sera déçu.        

 ©G.deS./Sedcontra.fr, juin 2008

 
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