La voix qui crie dans le désert Version imprimable Suggérer par mail

Aujourd’hui c’est la fête de Jean-Baptiste, premier saint historique de la tradition chrétienne, décapité sur ordre d’un roi adultère à la demande d’une jeune fille qui dansait trop bien. Vox clamantis in deserto: “la voix qui crie dans le désert”, dit le Nouveau Testament.

Aujourd’hui, la voix de Jean-Baptiste crie dans le désert grandissant de nos lieux de culte et d’adoration. Elle crie dans le désert spirituel et moral de tout l’Occident: mépris
de l’autre, rejet ou abandon des enfants, égocentrisme, obsession du pouvoir, dictatures du sexe et de l’argent…

Aujourd’hui, cette voix nous crie que nos frères n’agonisent pas seulement au bout du monde, sur les écrans de télévisions, que le prochain est proche, qu’il est tombé dans l’ornière sous les coups des brigands, qu’il ne fait pas partie de notre caste et qu’il a besoin de nous… Elle nous crie de laisser venir à nous les petits enfants et de leur ressembler le plus possible dans l’amour et la confiance en la personne du Père, qui rendra honneur aux justes et se détournera des méchants…

Elle nous crie que les lys des champs sont plus richement vêtus que les enfants des princes, et que les oiseaux du ciel ne se préoccupent pas sans cesse de compter les barils de pétrole ou de remplir leurs réserves de grains…

Elle nous crie que l’amour seul est fort, que lui seul est fidèle, qu’il ne compte pas ce qu’il donne et sait toujours ce qu’il reçoit.

Elle nous crie que Dieu même aura beaucoup donné à ses plus belles créatures en les faisant hommes et femmes, fils et géniteurs, maîtres et héritiers ; qu’Il ne s’est pas non plus moqué des hommes en les voulant – à Son image – libres, aimants, aimables, architectes, inventeurs, ouvriers du monde, artistes et artisans.

Aujourd’hui, la voix de saint Jean-Baptiste parle d’amour à toutes les races, toutes les classes sociales et toutes les religions. Elle continue de crier que l’égoïsme, la volonté de puissance, la concupiscence et la cupidité, dans la Maison du Père, n’auront jamais le dernier mot. Alléluia !

Hugues Kéraly

 

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