| Antoine de Padoue (1195-1921) |
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C’est un fils de bonne famille portugaise, qui a choisi un jour de se faire franciscain. Nos parents lui brûlaient des cierges pour retrouver le corps des marins disparus, l’épave des vaisseaux détruits par la tempête, voire tous les types d’objets perdus… Des millions d’Alzheimer pourraient en faire aujourd’hui le plus qualifié des saints patrons: saint Antoine de Padoue, docteur de l’Eglise, devait consacrer sa vie entière à lutter en Europe méditérranéenne contre l’amnésie théologale de ses contemporains. A cette époque, l’amnésie qui triomphait dans les beaux cercles de l’intelligentsia occidentale s’appelait catharisme. Elle était d’origine aristocratique, et de puissants seigneurs comme le comte de Toulouse y participaient. On y déclinait en cérémonies noctures et vers ésotériques la vieille hérésie d’Arius, qui refusait l’incarnation humaine et la double nature du Christ comme “politiquement incorrecte” face aux critères de la Raison. Les Cathares ont poussé très loin cette révolte intellectualiste en opposant la vile Matière aux délices supérieurs de l’Esprit: la chair est démoniaque, populacière, méprisable, seul l’esprit des “Purs” est divin. Cette doctrine sonnait la fin, non seulement du dogme catholique, mais même du monde chrétien, car les “Purs” prêchaient la sodomie aux hommes et le lesbianisme aux femmes pour éviter l’enfer de la procréation. Le catharisme à l’envers (cul par-dessus tête) qui divinise la chair et l’argent en méprisant l’intellect – et d’ailleurs aussi la procréation – relève d’une maladie mentale du même ordre, fort courante dans les nouvelles élites de nos sociétés, mais nous avons bien peu de saint Antoine pour la dénoncer. Antoine de Padoue prit donc sa part dans le combat théologique contre ce manichéisme morbide du XIIe siècle, en féraillant sur toutes les places publiques par les seules armes de l’esprit. Comme il en avait à revendre, il arrivait qu’on peine à suivre ses argumentaires enflammés et surtout à l’écouter jusqu’au bout… D’autant que saint Antoine frappait fort – on l’a surnommé “le marteau des hérétiques” – et entendait ne pas lâcher son auditoire avant de l’avoir entièrement convaincu. C’était une sorte de franciscain thomiste, qui assumait sa contradiction. Un jour, il se retrouva seul à s’écouter lui-même sur la place du village comme un prof de philo. On dit qu’il stoppa net son discours et s’éloigna alors d’un pas ferme en direction d’un grand lac… pour parler aux poissons! Lesquels lui firent aussitôt en grand nombre un accueil triomphal, et louangèrent avec lui Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme en sortant tous la tête de l’eau. Je recommande les fortes consolations de cette légende onirique à tous les militants du monde, spécialement les moins “médiatiques”, qui sont les enseignants, les auteurs et les journalistes chrétiens… Vous êtes déçus par les hommes? Ils ne vous écoutent pas? Allez parler aux mouettes, aux chiens, aux chats! “Même les pierres crieront”, dit l’Ecriture. Antoine de Padoue faisait prier sa mûle, en bon disciple de saint François… Moi, je prie souvent mon siamois et mon dogue de bien vouloir écouter mes cris de détresse et leurs pauvres raisons. Ils n’ont jamais baillé trop fort, ni même tourné le dos. Deo gratias, deux créatures du Ciel m’ont déjà entendu! C’est un signe très sûr que d’autres créatures, un jour, demain peut-être, écouteront quelque chose de l’unique nécessaire, qui est l’Amour de Dieu. ©Benedictus/Sed Contra, juillet 2008 Pour en savoir plus, abonnez-vous et reportez-vous aux fonds éditoriaux de sedcontra.fr (onglet Fondamentaux, dans la rubrique “Religion” : |
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