Paradoxes de l’impuissance étatique

Depuis la chute du Mur de Berlin, la France est devenue le pays objectivement le plus étatique d’Europe par le nombre de fonctionnaires, le taux de prélèvements obligatoires et l’étendue des monopoles scolaires, économiques ou sociaux. Paradoxalement, cela ne la place guère en meilleure position que les autres pour faire face à ses problèmes d’immigration, de relance économique, de chômage et d’insécurité. Les plus beaux engagements du candidat Sarkozy pour libérer l’esprit d’entreprise, réhabiliter la valeur du travail et restaurer à tous les niveaux les vertus de l’autorité (parentale, professorale, policière, judiciaire, publique) sont les seuls dont on soit assurés aujourd’hui qu’ils ne pourront être tenus…
Et si la principale raison de cette impuissance étatique ne venait pas des méfaits de la crise, de la spéculation financière, des règlements européens ou des pressions mondiales mais des Français eux-mêmes, trop bien dressés depuis Napoléon à tout attendre de l’Etat ?
“Vous ne sortirez pas de l’étatisme, écrivait Jean Rolin voici plus de soixante ans, parce que la force insurmontable de l’étatisme se trouve justement dans l’incapacité des Français de se passer de l’Etat. L’étatisme a tout nivelé et tout effondré. Pour le surmonter, il faudrait de nouvelles mœurs et de nouveaux hommes. Nous n’avons plus de mœurs. Nous n’avons plus d’hommes.” (Les Libertés universitaires, 1947, Ed. de la Nouvelle France.)
Le gouvernement qui voudrait remettre la France sur le chemin de sa vocation propre ne pourra pas se contenter de planifier “moins d’Etat” pour libérer les initiatives et les responsabilités. Il lui faudra aussi désaliéner les Français des obsessions de protection sociale et de saturation consumériste, pour les ramener au sentiment des valeurs de générosité, de risque et de joie qui marquent l’engagement d’une véritable liberté.
C’était déjà la conviction très forte du grand prophète de la réforme intellectuelle et morale, Ernest Renan : “Notre race ne débuta point par le goût du confortable et des affaires. Ce fut une race morale, brave, guerrière, jalouse de liberté et d'honneur, aimant la nature, capable de dévouement, préférant beaucoup de choses à la vie.” (De l’origine du langage, 1848.)
On voit mal quel candidat oserait s’inspirer d'un tel programme aux prochaines élections. Mais il n’est pas interdit de rêver.
Hugues Kéraly

Jour

Lapidation

Il faut d’urgence qu’ils se mettent enfin d’accord, au sommet de l’Etat : soit l’islam constitue une religion “comme les autres” qui prêche l’amour, la tolérance et relève de la “sphère privée”, auquel cas on pourrait comprendre que notre premier ministre inaugure des mosquées, tandis que nos élites municipales facilitent ou financent l’achat des terrains et aménagent les horaires des piscines ou les menus des cantines scolaires ; soit l’islam intègre aussi un droit positif qui réglemente toute la vie familiale et sociale du croyant, y compris le mépris, l’enfermement et la lapidation des femmes accusées d’adultère, auquel cas François Fillion a tort tandis que Sarkozy, son épouse et son ministre des Affaires étrangères ont raison d’en appeler aujourd’hui à l’Europe entière pour s’y opposer.
“En réduisant l’islam à une religion, écrit René Marchand, en le plaçant sur le même plan que les autres confessions, nous avons ouvert à nos adversaires un boulevard dans lequel ils se sont engouffrés. Nous nous sommes piégés dans la guerre subversive de conquête qu’ils mènent contre nous. L’islam est devenu intouchable, interdit d’examen critique. Considéré comme relevant de la “sphère privée”, un mouvement au moins autant politique que religieux est reconnu, salué, admis, accueilli au sein d’une civilisation dont il récuse les principes. Il obtient une place dans des institutions qu’il a, selon son dogme, le devoir de détruire. Les “islamistes”, qu’ils se présentent en qamis ou en costume-cravate, utilisent sciemment, habilement, l’islam-religion comme un cheval de Troie sur la terre qu’ils convoitent. En particulier, ils savent nous rappeler à tout propos nos principes de tolérance, de respect de l’autre... pour avancer leurs revendications et obtenir de nouvelles concessions sur le plan institutionnel ou dans le domaine des mœurs. (Voir La preuve par Kadhafi.)
L’idée que la religion d’un homme relève de sa conscience individuelle – même si elle ne s’y limite pas – est une idée chrétienne, active en Europe depuis Philippe Le Bel, mais qu’aucun autre courant religieux n’a jamais partagée. La doctrine de la distinction entre l’Eglise et l’Etat s’est beaucoup affinée au cours des siècles, sous l’action temporelle des princes et des constitutions, sans jamais se contredire.
Or, cette distinction n’a aucun sens pour l’islam, quand bien même toutes les Républiques islamiques du monde proclameraient ensemble en un acte solennel la séparation du politique et du religieux. Un vrai Fidèle de Mahomet ne se posera jamais de questions sur le bien-fondé des règles sociales de la Charia et des principes politiques du Coran : confusion des intérêts de l’Islam avec ceux de l’Etat, justification de l’esclavage ou de la mise à mort pour les Infidèles, négation de la liberté et de l’égalité des hommes devant Dieu, assujettissement et mépris des femmes… A prendre ou à laisser, qu’on le veuille ou non ! Le Croyant qui cesserait de se soumettre à cet insécable (religion-droit public-droit privé) cesserait aussitôt d’être musulman.
Nos protestations gouvernementales contre les lapidations en Iran n’ont donc strictement aucun sens, par rapport au bien commun national, si elles n’intègrent pas cette donne de ce que l’islam revendique depuis toujours pour lui-même, comme non négociable, des deux côtés de la Méditerranée.
Gabriel de Seinemont

RENTRÉE SCOLAIRE
Morituri te salutant !
 
L’information la plus lourde de conséquences de cette rentrée scolaire est restée inaperçue des principaux médias : dès cette année, les épreuves de latin et de grec sont supprimées du “Capes“ de lettres classiques, filière de formation des enseignants de langues anciennes pour tous les collèges et lycées de France. Ce génocide programmé n’annonce pas seulement une accélération du naufrage pédagogique de l’Education Nationale. Elle s’inscrit dans une tendance lourde au déracinement culturel – et par suite au déclin mondial – de tout l’espace européen.

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COMBAT DES IDÉES
Sedcontra.fr : Index par thèmes et par noms

Sedcontra.fr, le “site des chercheurs de sens”, a été créé en mai 2008 par un groupe de philosophes et journalistes chrétiens. L’originalité de sa ligne éditoriale a été soulignée par beaucoup… De nombreux sites et blogs amis renvoient régulièrement à nos analyses, preuve que nous nous sommes déjà taillé une place dans le combat des idées. C’est l’occasion de  fournir à nos lecteurs un moyen de fouiller plus aisément dans les centaines de questions déjà traitées. L’index que nous publions ci-dessous, classé par thèmes et par noms, les y aidera certainement : en cliquant sur le titre de l’article, vous accédez directement en ligne à son contenu. N’hésitez pas à soutenir notre initiative, en diffusant ces éclairages de philosophie chrétienne, et bien sûr aussi… en vous abonnant ! – Hugues Kéraly.
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SOCIOLOGIE DES MÉDIAS
Penser, dans sa tête, à ce qui dépend de soi

En s’installant dans la consommation informatique ou audiovisuelle tous azimuts, nécessairement régulatrice et normative, qui le fera connaître ou vouloir en fonction des critères de l’intelligentsia, l’homme “moderne” (ou du moins qui se croit tel) renonce chaque jour davantage au devoir de se diriger. D’ailleurs, l’orientation psycho-sensorielle qu’il impose à son esprit ne lui en laisse pas le choix. Ne voit-on pas en effet qu’il mobilise le plus clair de son temps disponible à penser, dans la tête des autres, à ce qui ne dépend pas de lui ?

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ANNIVERSAIRE DE JUILLET
Le grand retour des Cristeros

Le mois de juillet est l’anniversaire de la plus grande insurrection catholique du XXe siècle, occultée par l’Eglise et l’Etat mexicain pendant près de trois générations. Il a fallu attendre les travaux historiques de Jean Meyer et d’Hugues Kéraly, puis les béatifications de la fin du pontificat de Jean-Paul II, pour que cette incroyable épopée sorte enfin de l’oubli : de 1926 à 1929, dans les États-Unis du Mexique, tout un peuple chrétien armé de machettes et de vieux tromblons affronte au chant du Christus Vincit des régiments de ligne fédéraux, qui arborent le drapeau noir aux tibias entrecroisés et crient Viva el Demonio !
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La tentation du hors-sujet (voire du “non-sujet”) est cause de 99% des échecs sociaux ou professionnels en matière de communication. A l’inverse, l’analyse approfondie du sujet reste le facteur-clé de 99% des réussites… Pour prendre efficacement la parole, il faut donc que je me donne un sujet, que je le dise aux autres et que je m’y tienne fermement. “Dîtes-leur ce que vous allez dire ; dîtes-le ; dîtes-leur ce que vous avez dit.” Ce qui paraît ici une lapalissade reste la clé de voûte d’une intervention réussie :...

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“Qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ?”
Eric Besson a demandé aux préfets d’organiser d'urgence sur ce thème un débat public, pour le conclure juste avant les élections régionales de mars 2010… Sous la manœuvre évidente et d'ailleurs peu crédible de récupération des voix de la droite nationale, si maltraitées par son gouvernement, il pose quand même une véritable question.


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Mot du jour

La presse et le gouvernement français ont fait valoir avec force qu'il n'y avait aucun fondement crédible à l’arrestation de notre jeune compatriote Clothilde Reiss, le 1er juillet 2009, à Téhéran. C’est oublier que la pratique du rapt est très antérieure, dans le monde arabo-perso-musulman, à l’avènement des républiques ou des réseaux armés ”islamistes” de l’ère post-coloniale : elle a plus de mille ans.

Sur les terres où l’esclavage a conservé sa définition traditionnelle – comme pour ces petits Noirs vendus chaque...
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